Je l’ai attendu, le soleil de minuit.
Je l’ai attendu, contre marées et pluie.
Il n’est jamais venu, et je me suis enfuie…
Bien positionnée dans mon carrosse de sortie, j’ai fermé la porte arrière, celle des pensées qui donne envie. Et j’ai fait rouler mon carrosse, sans m’arrêter, sans chemin pris… La radio au repos, dans son habit de logis, j’ai rouvert la boite aux cassettes, la boite secrète des fantaisies. J’ai choisi la face A, pour effacer ce bruit tout bas, le murmure d’un acquis, trop mal appris, trop bien compris. J’ai ouvert une fenêtre, vue sur le monde et ses facettes. Je les ai admirées, quelques secondes, pour m’orienter. Mais je me suis perdue, dans le brouillard de mes bévues. On ne m’avait pas prévenue, qu’à trop y croire, on est déçus. Alors j’ai chantonné, face à face B, pour écouter. J’ai chantonné plus fort, pour ne plus m’entendre penser. Mais comme en désaccord, mes cassettes se sont déraillées. Je me suis faite une raison: c’est mon tourne-disques, il est épuisé. Aussi j’ai improvisé, de quelques rimes bien placées. Et puis j’ai fredonné, mais sans harmonie, et un peu blasée. Blasée de tout ce qui crie, blasée de toute gravité. Je voulais lui donner, rien qu’une mélodie, à ma mélancolie. Mais je ne chante que faux, jamais en dodo, et toujours en si. Alors je me suis tue. Pas tout à fait, mais j’y ai cru. Au fatal, je suis descendue, et j’ai couru à l’incongru. Mais la pente m’a escarpée, et je m’y suis bien étalée. Comme un étalon prend son pied, à petites foulées, j’ai trottiné. Les jambes en l’air, les pieds sur terre, j’ai marché longtemps, et en coupe-vent. Mais en vain et en arrière, comme auparavant. J’ai hué un taxi, pour qu’il me prenne à charge. Le trajet accompli, j’ai voulu gravir les étages. J’ai pris les escaliers, à défaut d’un ascenseur. Parvenue sur le toit, je me suis faite une frayeur: j’ai vu le tout en bas, et je n’ai même pas eu une peur…
Mais le vertige m’a prise d’assaut, et j’ai rejoint le vieux métro. Après quelques correspondances, j’ai stoppé au quai des grandes instances. J’ai vu les rames, et ce fut le drame: je leur ai trouvé d’effroyables charmes…
Mais le métro les a fauchées, et je l’ai repris, juste à l’arrêt. Entourée de gens que je ne connais pas, j’ai pensé à parler, en porte à voix. Mais j’ai saisi le secret des métros parisiens, la pudeur des passagers qui ne confessent jamais rien. J’ai jeté ce secret, arrivée à bon port, comme l’on jette une bouteille d’un grand cru du ch’ti nord. Mais alors que je balançai ma bouteille dans la seine, je songeai à une merveille, comme à l’intoléré; je songeai au sommeil, et à m’y plonger toute mouillée…
Mais je me suis rappelée à l’ordre, me rappelant que je sais nager, et mes idées dans le désordre, à la va vite je m’éloignai. Le danger écarté, j’ai vu un bar, très débranché. J’y suis entrée, timide et renfermée. J’en suis sortie, des verres guindée, et extravertie comme jamais je ne serai. J’ai attaqué l’avenue, celle des Champs Elysées, quelque peu dévêtue, mais en bloc, regonflée. J’ai crié à l’arnaque, avant que d’être interpellée, et la rage à l’estomac, je me suis faite belle pour m’échapper. Au plaisir de la liberté, j’ai traversé sans me méfier, le bonhomme rouge aux passages cloutés, et ma migraine, en fer forgée. L’esprit épars, je me suis éparpillée, le corps hagard, mais en pleine activité. L’inconnu reparti, je me suis endormie, sur le quai d’une gare, à l’infortune d’un lit. Au réveil du réel, j’ai retrouvé un peu d’esprit. Mais c’était toujours le même, aussi me suis-je enfuie. Mais le mal de la tête se refusant à me quitter, je me suis finalement repermise d’y penser… Une réponse cependant venait à me manquer: où trouver, ici et maintenant, de quoi charger mon pistolet?…
Le hasard ainsi formulé, je me résolus à d’autres idées. Et je n’y songeai plus, mais plus jamais. J’avais conclu, ma fin de soirée. J’avais convenu, ce qui me prédestinait.
En route, perdue, ou au vide, suspendue; à un saut de l’irréparable, ou au métro des jolies rames; sur les Champs balisés, ou dans un bar alcoolisé, qu’importent ces chemins, ils ne me démènent qu’en vain. Je ne trouverai nulle autre issue, que celle qui s’impose à mon insu. C’est mon hasard de nécessité: même dans le brouillard, je reste allumée. La mort me refuse, elle m’a déjà condamnée. Condamnée à vivre, et à ne jamais céder.
J’ai voulu attendre, le soleil de minuit.
J’ai voulu me pendre, au-dessus de la vie.
Mais je crois comprendre, maintenant et ici, que même si à défendre, ce n’est pas mon parti, je me dois de le prendre, prendre part à ma vie.
… Et je m’en répartis.
y a 20 petits anges. 10 font la sieste sur le nuage, 9 jouent ensemble et 1 que j'adore est en train de lire ce mail.
Si 5 messages te reviennent, demain 1 personne que tu aimes te fera une surprise.
__888___888__888_888__888____8__88__que je passe te souhaiter une bonne journée
Bonjour à toi! je viens de lire les quelques textes de ton cru, et je dois dire qu'ils m'ont beaucoup plus! Moi aussi je m' interresse à l'écriture notamment d'essais et de courts textes sur des réflexions de la vie, etc... Si l'envie t'en dis, tu peux aller jeter un coup d'œil sur mon blog, et ton avis et remarques sur mon style d'écriture sont évidemment les bienvenus, mon principal but étant de m'améliorer...