Créer un blog Présentation

Nom du blog :
orexis
Description du blog :
Un petit bout d'univers, quelques pensées folles et dingues, et une touche de philosophie...
Catégorie :
Blog Livre
Date de création :
01.03.2008
Dernière mise à jour :
02.05.2008
RSS

Rubriques

>> Toutes les catégories <<
· Apostrophes (1)
· Billes et ... (2)
· Billets doux (24)
· billets fous (12)
· billets secs (15)
· billetterie (48)
· confessions (33)
· insomnies (37)
· mille billets (43)
· ricochets (25)

Navigation

Accueil
Livre d'or orexis
Créer un blog
Contactez-moi !
Faites passer mon Blog !
Mes blogs et sites préférés

Billets les plus lus

· Un plein de vie, (le coeur d'un homme)
· Comme un sourire
· Corps à corps au sommet
· Distancée
· A l'abordage
· Evolhumanisation
· Ascension
· Cinq jours avant l'heure
· Affects et double jeux
· Adieu

Statistiques



Ajoutez aux favoris 20 derniers commentaires

très très joli...
05.05.2008
tu es ma vie
24.04.2008
super textes ! j'adore !
26.03.2008
RSS

Blogs 18 à découvrir :

· lemeltingpotdeclytia
· letontonflingueur
· nonobi
· o0dayalone0o
· morganelafait
· langeauxplumesnoires
· cessenon
· otacon102
· etrangemessager
· alsacedownunder

Cinq jours avant l'heure

Cinq jours avant l'heure

Posté le 02.03.2008 par orexis

Mes larmes ont séché. Quelques rides seules me les rappellent mais je les ignore. Qu’elles restent où elles sont, ces rides, et je resterai où je suis.
Une dispute de plus. Un massacre de plus. Si je devais mourir chaque fois que mon cœur refuse de battre, je serais morte depuis que je suis née…
Et pourtant c’est bien à celui qui me l’a offerte, cette vie, que je dois quelques unes de mes morts. Je lui pardonne alors; je lui ai pardonné avant même qu'il m'en donne une raison. Je dois sûrement être, moi aussi, à pardonner. Mais je ne veux plus l’être. Je ne le peux plus non plus, d‘ailleurs. Ni de cela, ni d’autre chose. Je n’en peux tout simplement plus. Je n’en plus, par exemple, de me sentir coupable, sans pourtant comprendre pourquoi. Je n’en peux plus, aussi, d’être désolée d’exister, sans l’avoir pourtant demandé. Je n’en peux plus, enfin, de me sentir coupable d’exister, sans avoir pourtant été jugée. Je ne peux plus me sentir.
Si j’ai pu apprendre une chose de la philosophie, c’est bien l’art de se remettre en question. Mais si je suis seule à me poser des questions, et qu’il n’y a personne pour me répondre? Je me demande parfois si ce n’est pas par crainte des réponses que j’aime autant à me poser des questions sans réponses. Je me le demande. Mais heureusement, je n’ai pas la réponse.
Je me connais pourtant. J’ai au moins ça. Je suis capable de déterminer si ce que l’on me reproche est justifié. Et j’ai assez de bonne volonté pour, s’il le faut, changer. La bonne volonté. Tout à l’heure, quand je m’enridait de larmes, j’y ai pensé. J’étais justement en train de me remettre en questions. Et puis, j’ai jugé que non. Non, vraiment, ces questions ne méritaient pas de réponses. Parce que je ne suis pas ce que l’on me reproche d’être. Et, si je l’étais, si l’on me prouvait que je le suis, j’aurais assez de bonne volonté pour changer, je crois l’avoir déjà dit. Mais je ne le suis pas. Je me suis mise, remise, permise en questions. Et j’ai trouvé une réponse: je ne le suis pas. Mais, mieux encore, j’ai osé la réponse: je ne suis pas. C’est une réponse qui répond à toutes mes questions. Alors ce doit être une, si ce n’est la, bonne réponse.
Je me suis toujours figurée que, dans le doute, il valait mieux que je me condamne. Moi, qui prêche pourtant à qui veut bien l’entendre qu’il vaut mieux libérer cent coupables plutôt de que condamner un innocent. Mais je suis toujours plus exigeante envers moi-même qu’envers les autres. Les autres, c’est un de mes sujets de dissertation d’ailleurs. La reconnaissance d’autrui comme semblable. Je voulais en découvrir un peu plus sur cette idée que ce que j’avais pu en lire. Mais je n’y parvenais pas. C’est le semblable qui me posait problème. Parce que si je pouvais tout accepter de cet autrui, je ne pouvais rien accepter de moi. La reconnaissance, c’était bon pour les autres. La reconnaissance c’était trop bien pour moi. Sauf que pour qu’il y ait reconnaissance, les autres ne suffisent pas; il faut un moi. C’est ce que j’avais prévu d’écrire dans ma copie. La reconnaissance présuppose un rapport de réciprocité entre le moi et les autres. Pour connaître autrui, il faut d’abord se connaître. Comment, sinon, être capable de re-connaître? Un re-connaître exige, au moins, de connaître. Un re-connaître exige, au moins, deux connaître. Et ce au moins est, dans le domaine de prédilection de la reconnaissance, un minima moralia. Ou encore, une reconnaissance ne saurait se contenter d’une seule forme de connaissance, que ce soit celle d’autrui, ou celle de soi. C’est d’ailleurs ce qui rend cette notion de reconnaissance aussi harmonieuse. Ce qu’elle préconise, c’est aussi ce qu’elle exige: l’unité de connaissances plurielles. Je ne puis me reconnaître dans l’autre que si je me connais d’abord. Et, de la même manière, je ne puis reconnaître à l‘autre que ce j‘ai d‘abord appris de moi. Je les trouvais joliment bien pensées ces phrases. Mais c’est bien là le problème. Ce n‘était que des pensées.
C’est plutôt fort une pensée, dans mon imaginaire. C’est une arme puissante, la plus puissante de toutes. Mais si personne ne porte cette arme, elle perd tout pouvoir. Une puissance indissociable de son acte. J’aime bien cette pensée. Et, pour cause, je l’ai vécue. Je l’ai porté cette arme, je me suis armée de la pensée pour sauver cette pensée. J’ai pensé la pensée. Jolie théorie que celle-ci: une théorie qui ne touche pleinement à son être que par sa raison d’être; une théorie qui n’est que parce qu’elle est pratique.
Seulement voilà, la pensée de la reconnaissance, je ne l’avais pas pleinement pensée, parce que je ne l’avais pas réellement vécue. Je l’avais pensée, mais à vide si vous préférez. Je l’avais impensé, pour tout dire. Pourquoi est-ce que j’en parle au passé? Parce que c’est du passé! J’ai compris tout à l’heure, il y a une éternité il me semble, que j’étais moi aussi un autre. Un autre pas seulement pour les autres, mais un autre pour moi aussi. Je suis moi-même comme un autre parce que je suis moi-même un autre. Spéciale dédicace à Paul Ricœur, dont j’aime particulièrement le nom. Bref, je me suis laissée dire que, si je pensais connaître qui je suis, je ne me connaissais pas pour autant. Parce que je me l’interdisais, tout simplement. Ce que j’accordais aux autres, je m’en privais. Comment alors pouvais-je parler d’un accord entre l’autrui et le moi? La reconnaissance d’autrui comme semblable, ce n’est pas seulement la reconnaissance d’autrui. Simple comme bonjour et pourtant aussi peu pensé. Qui pense les bons jours d‘ailleurs? Je vous le demande. Parce que je me le demande. Je connais l’autre parce que je me connais. De cela, j’en étais capable. Mais ce: je me reconnais parce que je reconnais l’autre, et réciproquement, c’était trop m’en demander. Plus maintenant. Ce que j’offre aux autres, je peux bien me l’offrir à moi-même. A commencer par l’amour. C’est étonnant que je pense ainsi. D’abord, parce que de tous les philosophes que j’ai lus, ou feuilletés, l’amour de l’autre commence avec l’amour de soi, tandis que je me permets exactement le contraire. Mais qu’importe, quel que soit son sens, un ordre reste un ordre. Ensuite, parce que c’est la toute première fois que le pense vraiment. Je veux dire, que je le pense en connaissance non seulement de cause mais aussi (et surtout!) d’effet. Je sais ce que c’est. Je sais ce que ça fait. A considérer que l’on puisse vraiment savoir; mais, ça, c’est un autre débat. Toujours est-il que je ne me permettrai jamais de condamner une personne sans avoir fait l‘effort de la juger. Et je ne me permettrai jamais de juger une personne sans avoir l’effort de la connaître. Alors, je peux bien me le permettre à moi aussi. Ce sera mon minima moralia ou ma loi d’autonomie, n’en déplaise à Kant. J’ai le droit de le penser. J’ai le droit de penser. Parce que, « cogito ergo sum », j’ai le droit d’être. Et, même, je le dois. Pour les autres. Je me demande ce que Descartes aurait jugé de la pensée comme devoir d’être. Heureusement que Nietzsche l’a fait: « Deviens ce que tu es ». C’est à peu près exactement ce que je viens de faire. J’étais, mais je n’étais pas moi. Et tout ça parce que je ne le voulais pas. Mais je l’ai voulu si fort que je le suis devenue. Merci qui? Merci quoi? Merci la bonne volonté, merci le volontariat. Car je pense que cette volonté est bonne. C’est ma première volonté, d’ailleurs. Alors j’espère qu’elle l’est. Et, si non, sans doute ma dernière volonté sera la bonne...
C’est ce que je me suis dit, tout à l’heure, entre deux pleurs. Je me souviendrai longtemps de ce 14 novembre, le jour où je suis devenue ce que je suis. Ce sera un beau trauma que cette séquence émotion, façon tragédie ontologique. Je m’en souviendrai, oui, de tout à l’heure, cette heure incertaine, où j’ai pris conscience que je n’aimais pas pleurer. C’est idiot, cette phrase: je n’aime pas pleurer. C’est pourtant elle qui m’a donnée toute cette matière à penser. Mais c’était un peu brouillon, alors il fallait que je l’écrive. Et, merveille de l’écriture, plus je l’écris, plus je le pense. Et plus je le pense, plus je l’écris. Il faudra peut-être un jour écrire quelque chose sur la reconnaissance de l’écriture comme semblable à la pensée. Oui, ce peut-être. Mais alors, il faudra aussi le penser.
Et voilà, je me suis encore laissée entraîner par le flot de mes pensées. Je me reconnais bien là…
Ce qu’il en sortira de tout ce bla-bla? Une jolie phrase pour ma dissert: la reconnaissance, ce peut être une renaissance.
C’est drôle tout de même. Enfin, ce n’est sûrement drôle que pour moi, mais c’est drôle tout de même. C’est drôle que j’ai mis, à quelques jours près, vingt ans à naître…



:: Poster un commentaire

Votre nom : *
Votre adresse email : *
Titre du commentaire : *
Votre message : *
Votre centerblog : http://.centerblog.net

Code de validation

CAPTCHA Image

Pour valider votre commentaire, vous devez recopier ci-dessous le chiffre que vous lisez sur l'image à gauche :

 

Ce blog est hébérgé par centerblog. Créer un blog c'est simple, rapide et gratuit sur centerblog.net !
Signaler un abus