Ma plume. Je te dédie les grands silences de ma pudeur.
Mais ma plume, quand je t’écris, c’est avec le cœur.
Ma plume. Tu m’as appris ce qu’était cette douce envie qui rend réelles les belles rêveries, cette envie folle mais en sursit, l’envie toute drôle d’être une amie.
Toi ma plume. Tu me chatouilles, me fait frémir, et avec toi je veux mourir, de joie, de folie, d’ivresse comme de rire.
Toi ma plume. Tu es le sucre de mes larmes. Sexy en diable, t’es juste fatale. Archange sensible, et peu crédible, tu es un mot: irrésistible.
Comme un secret, tu apparais. En pur mystère, comme d’autres les pierres, tu fais semer les doutes, nous en déroutes, et nous laisses ainsi, des soupçons pleins l’esprit.
Ma plume. Je prends le risque. Et j’ose te dire, te balancer dans un sourire, trois petits mots qui me font rire… Je t’aime. Ces quelques mots, je te les confie. Fais-en ce que tu voudras. Ce sont des mots que je ne te dirai pas, bien trop en réserve pour les dire à haute voix. Mais, ma plume, où que tu seras, ces mots te suivront, danseront autour de toi, sans jamais de repos, et toujours pas à pas.
Alors, oui, je te les jette sur ce papier; je coucherai mon âme pour te la montrer. La vois-tu? Elle est là, regardes bien. Mon âme tremble, elle sait que tu l’espionnes. Elle te craint comme un jugement, et elle tousse, s’en étonne, me repousse, moi, sa bonne. La vois-tu ma plume? Mon âme qui se crie, pendant que je t’écris. La sens-tu ma plume? Comme elle transpire, la timide, comme elle rougit. Elle me supplie de la laisser. Elle se dégage, veut se cacher. Pas à moi, mon âme. Tu ne pourras y échapper. C’est indécent, oui, je le sais. Mais rien qu’à elle, s’il me plait, tu te montreras. Elle lira en toi, à travers ces mots. Et tu riras en elle, en pleureras même, s’il le faut. Mais vas, je t’ai montré. Ma plume l’a vue, ta nudité. Alors vas donc te rhabiller, t’enfouir encore et retrouver ta jolie sœur, la liberté. Mais ma plume, regardes ça. Mon âme te charme, encore une fois. Que fais-tu là? Elle ne répond pas. Mais je comprends, le grand pourquoi. Mon âme t’a vue, comme tu la vois. Et plus que tout, elle voit en toi. Mon âme a de bons yeux, des yeux bien heureux. Et la voilà qui te réclame, toi et ton âme. Car nos âmes sont voisines, me dit la mienne à basse voix. Regardes-les jouer ensemble. N’est-ce pas vraiment qu’elles se ressemblent? Si différentes et si proches à la fois. Elles se complimentent et se complètent de bonne foi.
Prêtes-moi ton âme, je t’offrirai la mienne.
Ajoutes une flamme, j’en ferai une lanterne.
Donnes-moi une arme, et je tuerai ta peine.
Ma plume. Je veux être ton encre, quand ta main veut jouer aux mots.
Je veux être ta fée, quand la vie te fait défaut.
Je veux être ton ange, quand tu rêves de paradis.
Je veux être ton diable, quand satan t’attire vers lui.
Je veux être ton souffle, quand tu manques de respirer.
Je veux être ton tout, quand le vide veut t’aspirer.
Je veux être un espoir, quand tout te semble insensé.
Je te donne un savoir. C’est celui de l’amitié…