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Nom du blog :
orexis
Description du blog :
Un petit bout d'univers, quelques pensées folles et dingues, et une touche de philosophie...
Catégorie :
Blog Livre
Date de création :
01.03.2008
Dernière mise à jour :
02.05.2008
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Egaré

Posté le 06.03.2008 par orexis

Les philosophes, pour beaucoup, se sont donnés pour mission la difficile explication des phénomènes qui transparaissent en et à travers le monde sensible, ce monde aux alentours dont nous sommes tout autant les spectateurs que les acteurs dévoués. C’est la tâche qu’ils s’assignent. Ou assassinent. Oui, j’ose le jeu de mots, tant il me parait à propos. S’il me fallait détailler, je dirais que ces hommes se sont attribués là un dessein qui risque fort bien de les dérouter, ou exporter, hors du droit chemin. Quel est donc ce chemin, auquel je confie tant de droiture? J’y viens. Ces philosophes, ceux dont je vous préoccupe, présupposent que tout ce qui s’expose à nous, êtres humains, et qu’ils nomment phénomènes, recèlent de certaines propriétés, qui pourraient à leur tour receler quelque chose de la vérité. Recéler n’est certes pas le terme qu’ils emploieraient, mais je le pense de bon fond. Car ces phénomènes ne se dévoilent pas évidemment d’eux-mêmes; s’il est admis que certaines de leurs propriétés sont apparentes, d’autres font preuve de davantage de discrétion, et requiert un peu plus encore de curiosité, voire d’intuition. Ceci dit, il reste que les philosophes de cette espèce abordent leurs objets avec la ferme intention d’en découvrir les secrets, et de parvenir ainsi à une connaissance plus explicite de leur nature. Leur entreprise me semble tout à fait louable, et je ne me risquerais pas à la perturber. Cependant, je ne peux m’empêcher de me demander s’il n’y a pas là un danger qui, quoique vraisemblablement mince, pourrait avoir de fâcheuses conséquences. Ce danger qui se présente à mon sens, que j’espère bon, est d’ordre méthodologique; c’est un problème de cheminement. S’il me fallait vous l’imaginer, j’en reviendrais à cette image qui me plaît tant, l’image de ce chemin, droit et stricte, que nous sommes tous, je le suppose, tentés d’emprunter un jour, quelque soit la voie par laquelle nous y sommes conduits. C’est une image qui me plaît à l’infini, -et il y a nulle perte à afficher ses préférences-, parce qu’elle résume plutôt bien l’idée qui me taquine depuis de certaines lectures épistémologiques. J’y vois donc un chemin, toujours le même, mais ouvert, ou partagé, à une multitude de petites routes éparpillées, comme à tout autant d’issues possibles. Chaque promeneur est tenté ainsi de s’écarter du principal chemin, certains par erreur, ou naïveté, et sans en être réellement conscients; et d’autres tout à fait volontairement. Les premiers pensent bien faire, tandis qu’ils se trompent; les seconds s’égarent délibérément, trop faibles pour parachever leur routine. Les égarés me semblent peu blâmables, d’abord parce que nullement coupables, et ensuite parce que je garde en espoir l’idée qu’un temps viendra où leurs erreurs seront compensées. Il m’est difficile de concevoir qu’une erreur de telle sorte puisse être parfaitement irrémédiable et ne se donne jamais à contempler comme la promesse d’une connaissance prochaine. Mais en ce qui concerne les promeneurs déserteurs, je ne saurais leur concéder autant d’indulgence, et s’il m’était donnée la possibilité d’avoir à en juger, je ne pourrais que les plaindre, sans pouvoir pourtant les innocenter. Reste une troisième possibilité, et sans doute l’aurez-vous deviner, que je nommerais, simplement par effet de style, la voie du succès. Les quelques rares qui s’y aventurent méritent, je le pense très sincèrement, une estime des plus considérées. Mais ce ne sont pas de ces fins pèlerins dont j’éprouve en cet instant l’envie irrésistible de vous entretenir. Ceux-là sont voués à suivre toujours la route du bonheur, et nous n’avons guère de souci à leur consacrer. Mais les promeneurs du second type, déserteurs avérés, n’y échapperont pas. Que sont donc ces hommes-là? Il s’agit plus exactement des hommes qui choisissent la solution de facilité. C’est le fait des hommes trop peu alertés et qui, occupés seuls de leur bien-être, ne distinguent pas bien les raisons pour lesquelles ils auraient intérêt à tracer leur route, et qui, très certainement, ne résistent pas aux obstacles. Ceux-là sont de toute évidence, et une dissertation sur le sujet ne ferait que le confirmer, dans l’erreur la plus obscure. Et c’est, je pense, ce pourquoi les déserteurs rejoindront, au matin ou au soir, la terre des égarés et de leurs erreurs révélées. Terre de l’inconnue, qui donne tant matière à penser. Il me fallait y rêver un peu. Mais s’il me fallait, enfin, argumenter, avec davantage de rigueur et comme il plait aux professeurs, je raisonnerais à présent au sujet de ces égarés, d’une pourtant si douce volonté. Avez-vous gardé en mémoire ce que je confiais penser des philosophes en danger? C’est que ces philosophes me semblent, précisément, de potentiels égarés. Et puisque je ne trouve pas meilleurs argument que les idées, je vais tenter de le prouver.
Ces philosophes, donc, présument pouvoir découvrir la vérité des phénomènes sensibles, soit, en somme, de toute chose, en les expliquant. C’est ainsi, du moins, que je résumerais leur volonté. Mais il y a là un point qui m’échappe: expliquer une chose, est-ce, véritablement, le moyen le plus adapté de la connaître? J’entends bien que ces philosophes prévoient de comprendre la chose dite, bien avant que d’en proposer une explication. Mais cette étape reste indissociable de son terminal, ou, pour le dire autrement: s’ils tentent de comprendre un phénomène, ce n’est que pour mieux l’expliquer, et, ce faisant, l’expliciter. Sans doute suis-je fortement influencée par l’idée selon laquelle la fin définit les moyens, idée que je partage presque malgré moi et qui me fait dire que nous sommes sans cesse tentés d’exécuter une chose en vue d’une fin, et non en vue de l’acte en lui-même. Si je vous écris, en quelques mots, c’est toujours avec l’intime utopie, ou prévision, que vous me lisiez. Et si mon but était tout autre, je m’en serais tirée tout autrement. Ceux donc d’entres vous qui sauront se satisfaire de ces quelques arguments, en déduiront sans doute la même conséquence, à savoir que vouloir saisir un phénomène, pour mieux s’en désaisir, et pouvoir le partager, est une entreprise erronée, car intéressée et/ou influencée. S’il me fallait alors invoquer un vulgaire et pitoyable exemple, je m’accorderais à dire que cela ressemble à ce qui se produit lorsqu’un vendeur présente un article: si je veux vous vendre mon livre, je vais, même inconsciemment, vous le présenter de la plus aguichante manière qui soit. C’est, il me semble, ce que ces certains philosophes sont toujours tentés de faire lorsqu’ils expliquent un phénomène qu’ils ont tentés de saisir à leur manière. C’est peut-être d‘ailleurs, en partie ou en tout, ce problème dont nous prévient Kant lorsqu’il affirme qu’il n’y a pas de chose en soi, et que nous ne sommes aptes à rendre compte que de phénomènes, c’est-à-dire, en caricature, d’apparences. Car, en effet, l’on peut arguer d’infinies propriétés au sujet d’un phénomène, toutes plus variées, voire insensées, les unes que les autres, à la condition de le vouloir assez fort. En conséquence de quoi je m’autorise à penser qu’un philosophe qui aurait dans l’idée, en dernière analyse, d’expliquer un phénomène ne sera jamais parfaitement en mesure de le comprendre vraiment. Le problème étant ainsi formulé, il reste le problème de la solution. S’il me fallait en proposer une, je vous reconduirais très franchement au chemin, celui qui me parle tant. Ainsi, figurez-vous que ces pèlerins exemplaires qui nous étaient tout à l’heure apparus sont toujours en route, et poursuivent leur chemin, ce chemin un peu plus encore droit et stricte, ce chemin qui nous préserve seul de toute erreur, ou contrariété. Ces pèlerins ne font pas nécessairement bonne route, il est vrai, car, vous le savez sans doute, il n’est pas de route plus périlleuse que la route consciencieuse. Mais les pèlerins sont, par définition, des hommes courageux. Certains chutent, mais se relèvent, beaucoup luttent, mais sans le glaive. Il est des rimes qu‘il est bien difficile de refuser. Mais, rimes à part, nous nous trouvons bien sur le bon chemin, et tout pourtant nous y ferait douter. C’est que si ce chemin semble mener à bien, nous ne savons pourtant pas où, exactement. Aucun indicateur se décide à nous en informer, aucune pancarte se dessine à l’horizon, et la vue d’un homme ne saurait être assez prolongée pour bien en distinguer le fond. Ainsi, nous ne sommes ici qu’en présence, déclarée, d’un chemin, sans en avoir la fin. C’est toute une histoire, que ce chemin. Mais c’est une histoire qui ne finit en rien. Avez-vous deviné ce que j’entends signifier? Si non, la fin justifiant les moyens, j’aurais pourtant bien essayé. Ce que nous révèle ce chemin paysager, ce n’est rien d’autre que la solution au problème qui s’est posé: pour s’acheminer à bonne destination, mieux vaut en ignorer la formulation. Il est une expression, du sens commun, qui donne à penser: peut importe la destination, seul compte le voyage. C’est un peu, par ailleurs, ce pour quoi nous vivons. Bien que nul ne soit censé ignorer la nécessité de sa mort, cette destination tout aussi finale que fatale, beaucoup d’entre nous tirent profit du temps de vie qui nous est imparti. Pour ce qui est de la philosophie, et de ses fiers mystères, il en va de même: il serait tout à fait contradictoire de suivre un chemin avec pour seule préoccupation d’en entrevoir la fin, car ce serait là le moyen le plus certain de ne jamais y parvenir. Ce danger interpellé, une solution semble devoir s‘imposer: il serait tout à fait judicieux de suivre un droit chemin, même épineux, qui ne mène nulle part. Ou, à bien des égards, à ce qui demeure à notre connaissance un nulle part. Car il y a bien des raisons de supposer que tout phénomène ait une explication, et ne soit pas un produit seul du hasard. Les philosophes à en avoir émis l’hypothèse, avec plus ou moins de certitude, ne sont d’ailleurs pas rares. Mais si nous pouvons sans réel danger nous laisser aller à penser une certaine intelligence naturelle, il est plus prudent d’en cueillir les fruits de façon toute désintéressée. Ce qui ne signifie évidemment pas que nous ne devons pas en approcher les essences, ou en percer les intrigues. Il ne s’agit pas de s’en tenir à la vérité de notre ignorance originelle, ou primitive, mais il s’agit d’en bien saisir les remèdes, et la manière dont il nous faut les absorber. La solution qui me parait la plus fiable consiste donc en une formule de quelques mots à peine, et aisée à retenir: les phénomènes réclament de leurs observateurs bien moins de présomption que d’attention. C’est là, je pense, la seule intention qui puisse être appropriée. Connaître pour expliquer, chercher pour trouver, ou vivre pour mourir, relèvent de la même absurdité. Mais connaître pour connaître, et tenter de décrire les phénomènes, avant que de vouloir absolument les définir, c’est là une route des plus sensées, c’est une route dite du succès. En considérant toujours que ce ne soit pas tant le succès qui soit au principe du périple envisagé, que les efforts que l’on y investit.
Et s’il me fallait en citer, je dois vous avouer que je parlerais bien volontiers de curiosité, en tant qu’état d’esprit, et d’honnêteté, au cœur de la vie...



Concept

Posté le 06.03.2008 par orexis
concevoir: s'engendrer

La justice est une balance

Posté le 06.03.2008 par orexis

Juger: peser le pour et le contre...
Pour ou contre?

Affects et double jeux

Posté le 06.03.2008 par orexis

Affecter: se lancer, avec ou sans dés...

De loin ou de près...

Posté le 06.03.2008 par orexis
Distinguée...

Une source de vie, un amour de femme

Posté le 06.03.2008 par orexis
Je pense savoir de ma mère plus que quiconque. C’est un privilège qui n’appartient qu’à moi. Je connais toutes ses facettes, ou presque.
Je perçois avec aisance quelle enfant, puis adolescente elle a pu être, je la connais femme, je la connais mère… je connais Francine. Je crois que lorsqu’on approche à ce point l’essence d’un être, on nous avec lui des liens uniques. C’est la chance qui m’a été offerte, la chance de faire la connaissance de cet être hors du commun. Si je devais utiliser une image, je ferais de ma mère une pierre précieuse, une pierre de jade plus exactement, d’un vert aussi troublant, transperçant que ses yeux. Mais ce joyeux est enfermé dans un coffre, en bois massif, scellé lui-même par mille cadenas. Moi seule, je pense, en possède de certaines clefs. Je les ai obtenues par amour et par confiance. En découvrant peu à peu ma mère, j’ai gagné bien plus que je n’espérais. Car j’ai à présent le bonheur unique de contempler cette pierre; son éclatante beauté s’est révélée à moi, lorsque j’ai su traduire l’âme de cette femme. Quand je pense à tout ce qu’elle est, le mot amour prend tout son sens. J’ai bien l’impression que ma mère est une muse, la muse qui m’a inspirée tant de bonheur; celle qui m’a transmise cette soif de vivre qui anime tout mon être. Je suis toujours maladroite lorsqu’il s’agit de mots d’amour. Mais il se produit je ne sais quel enchantement et, s’il est question de ma mère, le cœur se délie, et tout mon corps vibre de bons sentiments. Peut-être que nos âmes résonnent d’une même voix. C’est parfois ce que je ressens.
Ma mère peut tenter de cacher sa véritable nature, comme elle le fait si souvent pour se protéger, cela ne prend pas avec moi. Tu entends maman? S’il le faut, je déjouerai tous les pièges que tu peux parfois tendre aux inconnus, je franchirai toutes les barrières que tu dresses pour te préserver, mais je t’aimerai, comme tu es. Qu’importent les masques derrière lesquels tu es parfois tentée de te réfugier, je te verrai toujours comme la femme que tu es. Ceux qui te côtoient, te voient sans te connaître, n’ont pas cette chance, et ne l’auront sans doute jamais. Ils n’aperçoivent que le coffre de bois, sans imaginer l’espace d’un instant qu’une pierre précieuse s’y tapit farouchement. C’est pour cela qu’ils te pensent si solide, si courageuse. Tu l’es maman, mais tu n’es pas invincible et la vie n’a que trop éprouvé tes forces. Tu as l’instinct de survie, et tu survies. Mais tu te demandes avec angoisse, et parfois une grande souffrance, si tu pourras un jour comprendre le sens du mot vivre. Parce que l’énergie avec laquelle tu te bats chaque jour n’est pas inépuisable, parce que bien trop de tes espoirs se sont perdus en désillusion, parce que tu mérites tellement plus, parce que l’angoisse ne t’est que trop familière, et pour tant d’autres raisons encore, tu n’es pas cette Francine que les autres croient si forte. Ou plutôt, tu n’es pas seulement ce vaillant petit soldat qui se défend autant qu’il le peut contre un monde toujours plus cruel, et qui ne t’épargne rien. Tu es aussi quelqu’un de sensible; une femme qui n’ose plus rêver, un être dépassé par de si nombreuses difficultés, des difficultés qui ne laissent nul répit à cette petite fille qui a grandi trop vite, à cette mère qui doute, et se pense coupable de tous les malheurs du monde. C’est tout cela, et davantage encore, ma mère. Personne n’avait à ma connaissance contenu autant de force et de sensibilité à la fois. Je me suis souvent dit que cette femme était la parfait définition de l’humanité. Mes mots se confondent pour exprimer toute l’admiration que je lui porte. Je n’ai pas pour ambition de la flatter, cette femme frémit à la pensée seule qu’elle puisse servir de modèle. C’est là un simple témoignage de l’estime que je lui porte. Je suis convaincue que si chaque enfant apprenait à découvrir leurs parents, au-delà de leur statuts de parents, ils comprendraient bien mieux que les liens du sang ne sont pas nécessairement ceux du cœur. Et inversement. Ma mère et moi vivons une relation exceptionnelle. La qualifier de fusionnelle serait cependant une grossière erreur. Ce serait simplifier et dégrader toute la complexité de cette relation. Ce que je puis vous dire, c’est que nous sommes dans une symétrie affective parfaite. Je dis bien affective, nous sommes tellement différentes l’une de l’autre… Mais lorsque je perçois l’étincelle d’une souffrance dans son regard, cette souffrance se fait mienne; et réciproquement. Je le confesse, c’est sans doute ce que l’on nomme une liaison dangereuse, car nous sommes capables de nous faire le plus grand bien… comme le plus grand mal.
Et pourtant, je n’échangerais cette relation pour rien au monde. Tant qu’il y aura en moi une once de vie, je lui consacrerai tout mon amour. C’est tout ce que je peux véritablement lui offrir. Alors je prendrai soin de cet amour, avec une bienveillance unique, comme l’on prend soin de tout ce qui est précieux. Je la connais jusqu’au cœur, je lui offre le mien.
Ces quelques mots peuvent paraître bien romantiques, naïfs, ou peut-être même ne semblent-ils pas sincères. Cela m’importe peu. C’est à ma mère que je m’adresse avant vous, et je lui fais serment d’une honnêteté absolue…






Un don d'amour

Posté le 06.03.2008 par orexis
Je la connais jusqu'au coeur, je lui offre le mien...

Machine à penser

Posté le 06.03.2008 par orexis
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Posté le 06.03.2008 par orexis
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