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orexis
Description du blog :
Un petit bout d'univers, quelques pensées folles et dingues, et une touche de philosophie...
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Blog Livre
Date de création :
01.03.2008
Dernière mise à jour :
02.05.2008
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L'on ne connait personne sinon par amitié

Posté le 09.03.2008 par orexis

La véritable amitié ne gèle pas en hiver, disait une de mes plus proches amies.

Mais les hivers sont parfois longs et rudes et l’amitié, si elle ne gèle pas, peut tout de même prendre froid. Il n’est pas rare que lentement, degré par degré, une amitié s’évapore dans le brouillard des broutilles, des rancunes, des doutes et déceptions. La véritable amitié réchauffe le cœur, mais ne l’épargne pas.

Il est pourtant bien difficile de concevoir une vie sans amitié, une vie sans les autres. Y a-t-il chose plus glaciale que la solitude? J’aime à penser que ce besoin de chaleur humaine nous est naturel, comme nécessaire, ou vital, et qu’il vaut le coup, tous les coups, sous couvert de l’amitié.
L’amitié: ses coups de cœur et coups de chaud. L’amitié: ses coups de déprime et coups dans le dos. L’amitié: ses coups de blues et autres bleus à l’âme. L’amitié envers et contre tout, mais l’amitié surtout. Car c’est bien cela, l’amitié: tous les coups sont permis.

Mais la véritable amitié, c’est bien plus encore. L’amitié vraie est une résonance de l’âme; un cri de douleur ou de joie, mais un cri du cœur. Elle est ce je ne sais quoi qui anime un être. Elle est ce lien mystère entre le moi et les autres, entre le je et le tu; elle est l’occasion d’un nous. Si l’enfer, c’est les autres, alors cet enfer est paradis, et l’enfer ce n’est que le moi, un moi seul, solitaire et isolé. Un moi qui n’a plus aucune raison d’être. Peut-il vraiment y avoir un moi, s’il n’y a pas de toi? Et ce toi, n’est-il pas aussi l’autre moi-même?

Sur un bout de papier, glissé dans un bus, il y avait cette jolie formule: Je deviens je en disant tu. Les bus sont pleins de surprises…
Mais une autre sentence, du philosophe Aristote, me plaît aussi beaucoup: On ne connaît personne sinon par amitié. Si Aristote dit vrai, alors l’amitié n’est pas seulement un affect, mais l’amitié ce peut être aussi une véritable source de connaissance. Car c’est bien en découvrant cet autre moi que je puis me découvrir moi-même. Et plus encore, il est possible que, par amitié, je devienne mon propre ami.
Or, faire de soi son allié est bien utile, quand on doit affronter la part des autres qui ne sont pas très aimables, que l’on a su connaître par amitié, mais que l’on ne souhaite pas connaître davantage. Et parmi ces autres, qui ne seront au final que de simples connaissances, il y a ceux notamment que personne ne supporte, ceux qui ne supportent personne, et ceux qui ne se supportent pas eux-mêmes. Or, il n’est pas difficile de constater que, très souvent, ces trois espèces d’individus appartiennent au même genre et que celui qui n’accepte pas les autres est aussi celui qui ne s’accepte pas lui-même...

Aussi, je suis tentée de penser que connaître l’autre par amitié, c’est se connaître par amour de soi (cette curieuse amitié que l’on se porte).

Il y a donc beaucoup à apprendre de l’amitié…

Inconnu...

Posté le 09.03.2008 par orexis

Destination sans finale, un chemin sans crucial
A la déroute, l'exil des doutes
Il est des chemins qui ne mènent à rien,
et des riens qui mènent à tout...


Un amour à adjuger

Posté le 10.03.2008 par orexis



Marteler, à la force du poignée...
Les propositions; trop décentes pour être sensées,
Les folles suggestions; pendantes et mal versées,
Sans controverse, ni corruption,
Endiguer l'averse, des évaluations,
Et n'offrir en sagesse, qu'un peu de raison,
Avant que s'y pressent, nos plus charmantes affections...
Adjuger, priseur d'humanité, l'impayable émotion,
d'un amour de préjugé; d'un amour en occasion...

Moralité

Posté le 10.03.2008 par orexis

Affection

Posté le 11.03.2008 par orexis


Nulle épine aux tiges liée
Un, deux pétales pour efflorer
D'une émotion écarquillée
Et un frisson à distiller...
L'affection, une sensation à partager

Une vocation inaudible

Posté le 15.03.2008 par orexis


Critiquer la philosophie, c’est vraiment philosopher…
Pascal


« Dans tous les jugements où est pensé le rapport d’un sujet à un prédicat (je ne parle ici que des jugements affirmatifs; il sera facile d’appliquer ensuite aux jugements négatifs ce que j’aurais établi), ce rapport est possible de deux manières. Ou bien le prédicat B appartient au sujet A comme quelque chose déjà contenu (implicitement) dans ce concept A; ou bien B, quoique lié à ce concept A, est entièrement en dehors de lui. Dans le premier cas, je nomme le jugement analytique; je l’appelle synthétique dans le second »…

La sixième lecture fut une erreur. J’y abandonnai mes derniers restes de bonne volonté et n‘en gardai qu‘une mince fierté. Ce n’était pourtant que l’introduction… Ce Kant était décidément bien trop obscure. Pourquoi tant de gros mots?…
Je laissai mon esprit au repos quelques minutes, scrutai l’horizon, qui n’était pas si vaste, allumai une cigarette, en tirai une longue bouffée, et repris.

« Les jugements (affirmatifs) analytiques sont donc ceux dans lesquels l’union du prédicat avec le sujet est pensée par identité »…
« Esthétique », « dialectique transcendantale », « déduction des concepts purs de l’entendement », « de l’amphibolie des concepts de la réflexion résultant de l’usage empirique de l’entendement et de son usage transcendantale »…

Exaspérée, et le livre renfermé, j’observai une nouvelle fois le parc dans lequel j’aimais à méditer. Mais en ce jour, le tout me semblait d’une tristesse absolue. Le ciel ombragé, les fleurs fanées, les arbres nus, les tapis de feuilles au sol, et ce jeune qui s’avançait. Par prudence, ou expérience, je rouvris mon livre, le mis bien en évidence, et simulai une lecture attentive et passionnée. Mais la ruse fut d’un échec parfait, et je me surprise à me répéter, de quelques non, je n’ai plus de cigarettes, désolée, ni le temps pour faire connaissance, navrée. Le jeune reprit sa route sans grande conviction, et je m’autorisai à penser que si je devais un jour prendre la peine d’écrire cinq cents pages comme ce drôle de Kant, j’élirai un sujet vraiment utile, du type de la précarité des jeunes actifs. Mais les philosophes ne sont pas comme nous, songeai-je. Mes pensées au fixe, je décidai de ranger mes petites affaires, irrésolue pourtant à jeter les armes. J’avais l’orgueil tenace. Je retournai tout de même à la bibliothèque rendre Kant, comme pour m’éloigner de ce dangereux psychopathe. Et y laissai mon esprit déverser en moi tout son dégoût pour la philosophie.
« Les philosophes sont tous dérangés. Et font d’étranges priorités. La sagesse en amitié, ils s’évertuent à la pécher, d’une vie inconditionnée. Mais ce n’est qu’un numéro masqué. Leur réalité est plus tachée. Et d‘un babillage à peine voilé. Ils aiment à clamer que la vérité ne peut être découverte, que c’est là l’énigme la plus secrète. Ils la pensent d’une réserve, qui met en quête n’importe quelle verve. Ils la disent dissimulée, et n’osent pas même en discuter. Mais tous espèrent l’avoir trouvée, et tous la veulent personnifiée. Et s’ils peinent à ne rien prétendre, ce n’est que pour mieux nous méprendre. L’hypocrisie en idéal, voilà ce qu’est la philosophie. A la foi inutile et dangereuse. Inutile, parce qu’elle ne résout aucun problème. Et dangereuse... peut-être bien parce qu’elle en crée. Elle fait du penser une arme redoutable, elle est sur tous les fronts, livre une bataille inter minable, sans avoir pourtant choisi son camps. C’est bien là d’ailleurs toute l’absurdité du philosophe. Il s’autodétruit avec la plus grande ferveur. Voyez Descartes s’attacher à déconstruire sa vie entière. Son courage n’est que factice. Il blêmit à la vue de ces lambeaux d’existence, qu’il s’empresse de ressembler, sans grand succès. Et cette misère de Schopenhauer qui exhorte à une conscience critique du monde, et qui en tire pourtant toutes les jouissances possibles. Ces penseurs qui portent le doux nom de philosophes ont tué la philosophie, ou du moins ce qu’elle aurait pu être. A sa place s’est érigé un amour trompeur de la sagesse qui semble bien priver son disciple de son être même. Je n’invente rien, les exemples sont divers. Par goût de la vérité, Nietzsche a perdu la raison, Spinoza ses proches, et Socrate, Bruno et tant d’autres en sont tout simplement morts. Mais l’excellence revient sans doute à ce cher Kant, trop occupé à conceptualiser le monde pour penser à vivre. Et parce qu’ils ne sont pas comme les autres, ces fous liés se prennent pour des surhommes. Épris du piège de leur dite philosophie, qu’il s’agisse de simples imbéciles heureux, ou de pauvres esprits errants, éternels insatisfaits de leur existence, nul n’est épargné, la raison concédée. Lorsque la frénésie du savoir les a gagnés, tous s’élancent aveuglément dans d’infinies théories, plus insensées les unes que les autres. La vanité de certains est si grande qu’ils pensent même jusqu’à détenir la fameuse clé de lecture du monde. D’autres, plus humbles, se laissent cependant bernés par leur sens de l’utopie, et se réjouissent tout autant d’avoir compris. Mais ce que tous n’ont pas compris, c’est que cette vérité qui leur apparaissait, ils l’avaient eux-mêmes posée. Et quelle prétention! Il n’est pas un domaine que les philosophes n’osent convoiter. Ils se mêlent des sciences, comme de l’histoire; s’entretiennent de psychologie avec sociologie; et plus que tout, ces colonisateurs sans scrupules se veulent de fabuleux théologiens. Comme si le mot philosophie ne suffisait pas, ils ont crée la philosophie des sciences, l’épistémologie, la gnoséologie, l’esthétique, l’analytique, la philosophie de l’esprit, ou encore la métaphysique. Sans omettre que ces pseudo disciples de la vérité n’ont de cesse de jouer aux moralisateurs. Interrogez un philosophe sur la nature de ce qu’il fait, et il ne saura que répondre. Car un philosophe ne connaît pas le répondre; il est dominé par ce qu’il nomme l’art du questionnement. Des questions pour tout réponse, il prend un malin plaisir à torturer son esprit, si ce n‘est celui d‘autrui. Malgré ses dires, un philosophe ne se nourrit que de credo, et son seul art est celui de l’autosatisfaction intellectuelle. Qu’en est-il à présent du réel philein sophia? Je ne vois que des systèmes fumeux, des théories assez obscures pour ne pas être comprises, de vaines paroles. Je n’entends que spéculations, antithèses et mensonges. Qu’est-ce que la philosophie? De l’indécis. Qu’est-ce qu’un philosophe? Un polymorphe fini. Et philosopher? Une perte de faits. Discuter sans mot dire, penser sans agir, méditer sans réfléchir, et mourir pour en finir; la philosophie, c’est vraiment du délire… »
Ainsi parla mon esprit, que la philosophie ennuyait profondément.

« Peut-on se mentir à soi-même? » Un étrange soupçon s’empara de ma dissertation. Quelques prémisses d’idées brouillonnées, l’inspiration vint à manquer. La philosophie, c’est comme la vie, plus tu réfléchis, et moins t’as compris. J’avais entendu cette phrase dans une série tv et la trouvais joliment vraie. Mais mon sujet inachevé, il me fallu y penser. Un verre de soda allégé et une cigarette bien tassée m’aideraient sans doute à activer mes neurones…

Une heure plus tard, je me sentais libérée. Mon écrit prenait forme et je doutais.

Un an plus tard, je me sentais propulsée. Ma première année en licence de philosophie se déroulait sans encombre, et je ne songeais plus qu’à la seconde. J’avais compris ma vérité, celle-là même qu’il me fallait pensée. J’avais saisi, mon procédé. Et avoué, d’un bon mal gré, que malgré tous ses torts, la philosophie m’avait gagnée, et sans trop d’efforts…





Une évoque

Posté le 18.03.2008 par orexis

Je suis un mot. Radeau. En vogue au gré des flots.
Je suis un verbe. Bégayer. Du bout de deux lèvres profilées.
Je suis un pronom. Le, la ou les. Déterminant, car personnalisé.
Je suis un adverbe. Vivement. Conseillé, par prudence et pour sûreté.
Je suis un adjectif. De beauté. Qui habille les francs sujets.
Je suis un nom. Commun. Trop impropre pour être partagé.
Je suis un participe. Au présent, du passé. Bousculé par le temps, et son plein de durée.
Je suis un suffixe. Radicalisé. Souvent précédé, je ne sais qu’approprier.
Je suis un point. Parfois virgule, parfois sans fin.
Je suis un complément. La réponse au comment. Je fais l’état des lieux, et y ajoute des garants.
Je suis un accent. Circonflexe, évidemment. Trop aiguisé pour être grave, je chapeaute les mots mirages.
Je suis une voyelle. Le i. Comme pour imaginer, dans l’idéal d’un ignoré.
Je suis un espace. Court et insensé. Je m’interpose pour aérer, ce que la prose veut aspirer.
Je suis une minuscule. Un peu après la majeure. Je m’introduis tout en douceur, de la minorité ferveur.

Mais je suis un mystère, qui se refuse à s’y complaire. J’ai un souhait, et le plus cher, être percé, comme découvert, de parts semées, mais foi entière. C’est mon vœu, et je l’espère.

Je veux que l’on me proclame, reine du blâme.
Je veux que l’on m’érige, au statu de vertige.
Je veux que l’on m’inonde, de répliques vagabondes.
Je veux que l’on me berce, au son de bonne adresse.
Je veux que l’on me pense, en sentence, plus qu’en silence.
Je veux que l’on me dise, tout autant que l’on me courtise.
Je veux comme un concours, des états d’esprit pris à cours. Et que rien aux alentours n’y persiste tout à fait sourd.
Je veux le retenti, des jugements au ralenti.
Je veux un temps donné, tout à moi consacré.
Mon culte personnifié, je le veux, et sans dictée.
Je l’exige et m’y fige. Que l’on vienne me décrypter. Que l’on ose m’épancher.
Et qu’enfin, en réalité, l’on réponde à ce qui suis-je, et m’avouer ce que j’en fais.

Mais mes vœux restent à l‘aporie. Les génies se sont tapis. Et mes pages se vident, de vos encres arides, et les plumes ont migré vers de putrides contrées. L’insomnie éveillée, quelques rêves seuls viennent à parler. Mais ma solitude est trop familière, pour qu’une main galante concède à les taire. C’est que je suis un mystère, mais qui désespère. Refoulées mes pulsions, procédée sans intention, je suis en quête des illusions. La funèbre oraison… C’est ma fin que l’on signe, ou signifie, dixit l’amie philosophie. L’on ma reléguée à un passe-temps, aux scriptes anciens et arrogants. Je ne suis plus qu’un souvenir, je ne suis plus qu’à relire. Sourire…

Relire les feu grimoires, des esprits un peu vieillards.
Relire les gribouillis, des poètes à l’agonie.
Relire les contes enchanteurs, des burlesques imitateurs.
Relire les idées barbouillées, d’émotions feintes et tachetées.
Relire les déclarations, des plus infectes affections.
Relire les doux murmures, des mytho à l’aventure.
Relire les papiers glacés, des rejetons de l’humanité.
Relire les référents, des logiciens irrévérents.
Relire les rimes froissées, des brouillons trop insatisfaits.
Relire les dessins grignotés, de ma préhistoire aux grottes éclairées.
Relire les thèses obscures, des docteurs en littera cure.
Relire jusqu’aux livres saints, et les prier d’y prendre fin.

Relire mais sans jamais saisir, ce pour quoi vous voulez me fuir, vous, mes matières à écrire. Relire sans sourire. Et tenter d’en guérir. Hypostasier mes nuits de veille, et leurs indicibles merveilles. Parcourir mes fils d’états vécus, et y définir ma constante vertu. Vouloir penser, que rien n’est perdu, qu’à défaut de gagner, je me serais battue. Lutter sans cesse, crier qui me blesse, et achever l’espèce de ceux qui m’ont tue. Signifier mon refus. Affranchir mon reçu. Et vous charmer un peu encore, avant que sonne ma mise à mort.

Oser penser tout haut, et m’irriguer des mots matelots.
Oser hurler à tort, que le silence est bien trop fort.
Oser appréhender, toute ma liberté de rêver.
Oser chanter toujours, mes hymnes bercés à l’amour.
Oser survivre un peu, quand rien ne sert à vivre heureux.
Oser vous proposer, les idées extraites de mon privé.
Oser réintégrer, les signifiés à l’alphabet.
Oser vous raconter, ce que la voix ne peut avouer.
Oser mettre des lettres, à la noblesse des apparaître.
Oser vous conjuguer, à ma plus douce lucidité.
Oser découdre les bouches, quand les esprits timides accouchent.
Oser vocaliser, les bavardages des sourds muets.
Et roser vos noires pensées, d’un spectre toujours plus éclairé.

Vous posséder, tout en entier, pour ne plus m’entendre songer. Refuser à mes murmures leur dernier souffle de sensé. N’exiger pour langagier, la parole seule des avisés. Et délibérer, en pour parler, des au sujet.
Agrémenter les sentiments d’un sens trop bon pour être conscient. Ne pas céder à vos rejets, les pervertir en clés d’accès, et en donner pour apparence le bel excès de mes offenses. Bâillonner toute rhétorique, les permuter en une éthique, celle du savoir d’inspiration, doux faire valoir de mes notions.
Rediriger vers l’artistique, l’artisanat des scientifiques. A nombre de mathématiques, opposer force des acoustiques, emprunt forcé aux linguistiques, qui en oublient les poétiques.
Et vous saouler à l’infini, jusqu’à vous étouffer de cris, parce qu’il en faut pour donner vie, n‘en déplaise à vos faux amis. Je n’ai nulle autre téléologie, que cette vérité du non dit. Les tabous font bien trop de victimes, pour qu’il n’en soit pas dit un crime. C’est elle ma prose, mes belles paroles qui sauvent, ceux qui osent, ceux qui composent.

Ma partition désaffectée, mes raisons d’être veulent s’aliéner.
Les intentions en retenue, va et vient le malentendu.
Ma sainte pensée anéantie, à l’arrêt cède ma maladie.
Les locuteurs indifférents, leurs discours se font plus vacants.
Ma sémantique vulgarisée, mon langage cesse le familier.
L’esthétique en intermittent, ma logique vit d’insignifiants.
Mes bienfaiteurs à l’abandon, les déserteurs martèlent au front.
L’audiovisuel en ligne de tir, mes courtes histoires veulent en finir…
Et mes notes sonnent toujours plus faux, et mon être s’en va perdre ses mots, et la descente va crescendo, et on me parjure de pipeau…
Mais plus on me veut muette, plus je deviens sourde, et m’y objecte…

La glorieuse devinette…
Une petite idée? Pensez.
Un léger indice? La devine est ma complice.
La solution? Elle est abject de suspicion…
Une réponse? Et quelques questions…
Qui suis-je? La solution à vos litiges. Ce que je fais? Ce n’est pas à moi de le dire. Où je vais? Je crois, vers le meilleur du pire. Pourquoi suis-je ici? Je dois être une causa sui. D’où je viens? D’un espace temps, devenu lointain. Qui je tente? La pensée qui se veut latente. De quoi suis-je fait? D’une bande son, mais qui se tait…

Sourire… écrire… et y souscrire…




Le travail, c'est du sensé

Posté le 21.03.2008 par orexis

Qu’il est bien triste le sort des sans papiers, des sans domicile fixe, et autres laissés pour compte de notre société…
Mais qu’il est encore plus désolant d’être de nos jours un sans travail…
Le travail, c’est la santé, disaient nos pères avec lucidité. Et Jésus Christ de confirmer. Jolie vérité!
Mais s’est-on déjà demandé pourquoi le travail était d’une telle nécessité? Ce serait pourtant d’un intérêt particulier, être sans travail étant devenu fatalité. Les gouvernants nomment cet état le chômage. Mais ce mot n’a plus de sens à présent, ce n’est qu’une absurdité. Chômer. Peut-on réellement chômer? Le chômage n’est-il pas, précisément, l’absolue non activité? A repenser.
Du reste, il apparaît comme d’évidence que travailler est, plus encore qu’une stricte nécessité, une forme criante d’imposé. Le temps de l’oisiveté est révolu. Le monde, et en totalité, se doit de travailler. Le monde tout en entier a besoin de se travailler. Mais pourquoi? C’est ce qu’il nous faut méditer.

Question 1 : Le travail comme source de revenus. Quelle valeur donner à l’argent?
Je pense ne rien inventer en affirmant que le travail a toujours été de toutes les nécessités. Une nécessité d’ordre vital, d’abord. Une nécessité de finances, ensuite. Les deux étant liés. L’argent ne fait pas le bonheur, dit-on. Certains, dans un élan de réalisme, osent tout de même ajouter qu’il y contribue fortement. Je pense que ce qui peut véritablement faire le bonheur d’un être humain n’est pas tant l’argent, le luxe, la possession, ou propriété, mais l’acquisition. C’est un plaisir immense que de gagner sa vie. Gagner sa vie. L’expression est d’une rare finesse. Mais c’est qu’elle révèle aussi, et surtout, c’est la puissance de cette force de satisfaction qui nous active, nous travaille, nous motive, et nous exhorte à toutes les formes d’accomplissement. Or le travail en est une, et l’une des plus saisissantes. Oui, le travail, nous avons tout à y gagner. Parce qu’il nous met à l’épreuve, nous donnant, de fait, une raison d’exister. Parce qu’il exige de solides preuves, y délivrant un droit, le droit de mériter. Et le mérite est chose importante, vous savez. Il est une valeur inconsidérée, mais qui peut faire le bonheur, de toute une humanité.
Et c’est sans nulle doute cette réalité qui, véritablement, peut donner au travail son sens plein, car sa finalité.

Question 2 : Le travail comme régulateur, ou équité. Sur quelle valeur fonder une éthique du salarié?
Pour beaucoup, l’argent est un sacré. Pour ma part, je suis tentée de penser qu’il n’est pas d’argent plus précieux, valeureux, que celui obtenu à force de travail, de labeur, et de volonté, en un mot mérité. Et c’est là encore un des aspects les plus élémentaires du phénomène travailler. Parce qu’il est la source d’un certain équilibre, que l’on pourrait dire équité. Il est cette liaison, juste liaison, entre l’effort et le confort, la récompense et la compensation. Souvenons-nous de cette désormais célèbre formule populaire: toute peine mérite salaire, ou de cette autre encore: l’on récolte ce que l’on sème. Ces principes, le travail les réunit, en même temps qu’il les justifie. Car c’est bien de cela dont il s’agit; du rapport étroit entre travail et équité. Quoi que l’on en dise, j’aime à penser que le cœur d’un homme ne saurait être sensible qu’à l’argent fiable, né du contribuable. Ce n’est qu’à la sueur du front que perle la véritable richesse. Cela, c’est mon patron qui le dit. Mais c’est un trait d’esprit. Ce qui laisse à penser que ce qui rend le travail éthiquable, ou potentiellement moral, est cela même qui lui donne sa valeur réelle, la valeur d’un être, dans toute sa dignité. Et c’est du mérite que cette valeur transparaît.
Pourtant, des disproportions persistent, et la récolte n’est pas toujours à la mesure des labeurs fournis.

Question 3 : Le travail comme produit dérivé. Comment expliquer les inégalités salariales?
Le terme d’inégalité sociale ne désigne pas seulement des inégalités financières, comme beaucoup se plaisent à le penser. Cédons au pléonasme, mais ces inégalités sont, d’abord, des faits de société. Il y a là un constat auquel nous ne pouvons échapper: le marché du travail -parce que le travail est devenu un vrai marché- peut produire une certaine inéquité. Toute société est hiérarchisée. C’est un principe de toute actualité. Et des plus justifiés. Comment, sinon, une société pourrait-elle distinguer entre ses composants, des plus aux moins méritants? Le problème est tout autre. Car si une telle hiérarchie semble juste, elle ne l’est qu’en pensée. En réalité, cette forme de la société est tout à fait dépassée. A sa place s’est faufilée une espèce de compétition sans grand fair-play, et dans laquelle les compétences sont dévaluées au profit de stratégies manigancées. Ainsi se créent les plus insignifiantes inégalités, celles de notre société. Mais c’est ainsi, aussi, que se déclare un autre type d’inégalité, que l’on pourrait nommer salariale. Car au sein même des entreprises, petites sociétés de travail, cette dérive est non seulement récurrente, mais elle s’en trouve exacerbée. Le patron récolte, ce que l’employé sème, ce schéma est plus que régulier.
Mais gardons une lueur d’hégélisme est osons nuancer. Car s’il est vrai que ces inégalités sont omniprésentes, et sous la plus vive inéquité, tout salarié n’est pas pour autant dévalorisé. Il conserve sa liberté. Et puis, l’ascenseur social n’est pas tant surchargé, tâchons d’y songer. Mais encore faut-il presser le bon bouton, celui de la persévérance et de l’ambition.

Conclusion: Le travail comme état d’esprit, une ressource qui jamais ne tarit.
Les inégalités sociales, et salariales, semblent pouvoir mettre en cause la légitimité même du travailler. Mais à bien y penser, il nous est apparu que le travail n’en est pas tant la cause, que le remède. Souvenez-vous, le travail, c’est la santé. Et si la paie allouée n’est pas toujours celle escomptée, il n’en reste pas moins qu’elle apporte à l’être humain comme un trésor d’humilité. Et c’est un si joli état de l’esprit que cette sorte de travailler… Un état d’esprit que rien ne saurait briser…


Accroche: Mot à mot

Posté le 21.03.2008 par orexis

Début. Voici le début qui s’avance. Lentement, avec prudence, il s’annonce, et se pense. Ses cinq lettres le dévisagent, sagement posées, dans cet ordre convenu, et elles attendent. Quoi, je ne saurais le dire; mais il y a un peu de circonstance. Le début le sait aussi, et il reste là, à l’arrêt, sans émoi, tout en sursit.

Et voici le temps qui passe. Il n’est pas seul. Il ne l’est jamais. Je lui vois pour compagnie, des secondes, des minutes et des heures qui s’enfuient. Une seconde se multiplie, une minute se décuple et ce sont des heures qui se présentent. Elles rient gaiement. Mais le temps pleure. Il veut être seul, ne supporte plus ces folles amies. Il me frôle furtivement, mais je le sens plein de ressentiment. Je tente de lui expliquer, que ce n’est pas moi mais ma société. Je tente de le lui dire, à ce temps qui veut me bannir, que je n’ai rien décidé. Que je ne lui souhaite qu’une douce paix. Et que, si je le pouvais, il serait seul à tout jamais. Mais le temps n’entend pas, et s’enfuit.

Suite. La suite, je ne la connais pas. Mais je sais son importance, l’importance d’être là. Je la remercie d’ailleurs, la suite, et elle, elle me sourit. Elle cherche le début, s’assure que c’est bien lui et le délivre de son ennui. La suite est jolie. Difficile à prononcer, je me la garde en pensée, mais c’est fou ce qu’elle me plaît. Elle est un peu folle aussi. Mais c’est une si douce folie, que je la lui pardonne. La suite bafouille un peu, et j’en suis bien malheureux. Mais elle a de cette pudeur, qui la fait se cacher, comme trembler de peur. Elle n’aime pas se dévoiler, elle préfère qu’on la devine, derrière son masque de beauté. Je le lui accorde et la laisse ainsi, son s et son e m’indiquant son chemin de vie. Je la suis.

Commencer. Ceci dit, le commencer fait son entrée. Il attarde le début, et le voilà bien disparu. Il embrasse la suite, et tous deux se confondent, tant que je ne les distingue plus. Ils ont du talent, le talent d’un élan. Ils m’entendent, s’en réjouissent. Et d’un simple merci, ils me laissent la parole.

La parole. Je la prends mais tout doucement. Je ne veux pas la gâcher, la salir ou la blesser. Alors je reste prudent et ne m’en sers qu’à bon escient. D’un vif éclat langagier, elle m’illumine de vraisemblance, et en nourrit de joie mes sens. Mais je la sais plus alertée. Alors, d’une révérence, je la prie de me conter, ce qu’elle recèle de vérités. Je crois bien qu’elle a pitié, et d’une forte complaisance, elle met un mot à ma portée.

La réalité. La réalité, je n’ai que ce mot pour matière à penser. Mais c’est un mot en porte-à-faux, et je ne le sais pas assez. Tout ce que j’ai appris à son sujet, est qu’il est beau joueur…et m’a gagnée. Si j’en connaissais seulement les règles, je pourrais peut-être m‘en défendre. Mais même cela, il me l’a caché. Sacrée réalité! Combien de fois, d‘ailleurs, m‘a-t-elle trompée? Le temps seul le sait et il refuse de discuter. La réalité est plus clémente, elle veut se confier. Mais parce qu’elle est de toute bonté, elle préfère me délaisser, à mon insouciante stupidité. Elle craint tant ma déception, si elle venait à me parler. Je le sens, je le sais. Alors, je lui dis que je le veux tout de même, que je préfère le savoir, et même si c’est un désespoir. Je lui dit encore, que j’en ai la volonté, et que m’importe en rien son effet. Et je lui dis, enfin, qu’elle ne pourra pas m’échapper toute ma vie, qu’elle devrait capituler. Mais elle en rit et se tait.

Le silence. Le silence est apparu et domine à présent. Il est trop fort, le silence. On a tenté, je crois, de le briser, bien des fois. Trop de fois même. Mais c’est un autre débat, le silence s’est imposé. Et je ne peux même plus le contester. Patience.

Patience. La patience m’a délivrée. Ce qu’elle est, je ne le sais, ou si peu que c’en est honteux. Mais je la vis, toujours plus fort. Elle s’est installée, tout contre le silence. Il ne dit mot, mais elle est en attente. Elle sait que, bientôt, viendra la résonance.

Résonance. C’est un mot de trop, mais il est tellement beau. Instance de l’insolence, elle défie le bon sens, mais le guérit d‘apparence. A tous ces signifiants, froids et distants, elle redonne une forme, un esthétisme sans faux-semblants. Elle est la source de ces rimes, de ces échos intentionnés, qui habillent les bonnes idées, qui leur donnent un peu d‘effet. Douce ignorance!

Ignorance. L’ignorance vient à présent. Elle se présente à moi, se balance, me regarde de haut en bas, son i ignoble d‘insistance. Quelle est grande l’ignorance! Vous la connaissez sans doute. On la connaît tous. Elle le sait et s’en flatte. Car c’est un mot de fierté, un mot coupable et de pêché. Mais qui s’en préoccupe en cet instant? C’est un mot que l’on craint tant. On le veut dépassé, comme venu d‘un ancien temps. Et pourtant, c’est un mot du présent… comme de ce futur, le jeune insolent. Mais qui la sait encore cette ignorance? C’est étonnant comme elle se balance… Vers qui, vers quoi se penche-t-elle ainsi? Vers l’erreur, il me semble; vers le faux, il ressemble. Mais vers le savoir aussi.

Savoir. Ce qu’il est chatouilleux ce mot. Même ici, il se rit. Tant et si bien que l’ignorance s’en va. Il la regarde partir, voler en éclat, tout crispé de son sourire, éclatant lui-même de joie. Un mot en chasse un autre, me dit-il. Je veux bien le croire, et lui offre un bon rire. Mais le savoir n’est déjà plus là. Quelque chose l’a effrayé. Quelque chose comme l’espoir.

Espoir. L’espoir est un mot petit et tout ratatiné. Six lettres sur six, il se donne des allures qui me donnent plein de pitié. C’est pourtant un mot divin, depuis quelques éternités. Adulé de tous les saints, ils sont rares à le contester. Certains tout de même osent s’en méfier. Ce n’est pas un mot léger, disent ces éclairés. C’est un mot de consolation, ni plus, ni moins. Et ils vont même plus loin: c’est un mot à oublier. Mais l’espoir a des adeptes qui lui servent de bouclier. Et les attaques se perdent, sans même l’avoir touché. Alors il frime, de toutes ses rimes. Car il rime beaucoup, l’espoir. Il rime de tout. Gouffre du désespoir, mouroir du savoir, l’on en oublie ces rimes, qui le tuent et l’infirment. Mais parce qu’il nous sauve aussi quelques fois de la vie, c’est un mot à pardonner, c’est un mot qui fait rêver.

Rêver. Le rêver s’est éveillé et se révèle aux yeux fermés. Je le vois s’élancer, flotter, virevolter, et bercer de songes rosés quelques mots abandonnés. Il est doux ce mot: rêver. Il retire son chapeau et me conte ses histoires émerveillées. Il me charme et je m’y plais. Mais je le vois s’évaporer, dans un brouillard de débris lactés. C’est Perrette qui vient le chasser. Je le lui refuse et m’empare du rêver. Et nous fuyons, sans jamais nous retourner. Où? Je ne sais. Mais j‘entends partout les mots du rêver…




L'amour est une erreur de jugement

Posté le 22.03.2008 par orexis

Un proverbe bien connu veut que l’amour rende aveugle.
Un autre courant de pensée, pas si étranger, attribue à l’amour des raisons que la raison ignore.

Que faut-il sérieusement penser de l’amour?

L’amour rend aveugle. Cette proposition, qui s’annonce comme une précaution à prendre, qui a quelque chose de la mise en garde, révèle surtout une pensée couramment admise. Il s’agit plus exactement de l’idée d’un amour joueur, trompeur et illusionniste. L’amour serait un jeu d’apparences, dont nous ignorons tout à fait les règles et duquel nous ne sommes pas assurés de sortir gagnant. Ou encore, l’amour serait un des voiles de la Maya, un trompe-l’esprit, une forme d’illusion d’optique. Conçu ainsi, l’amour se présente comme un véritable piège, dans lequel même les êtres les plus lucides sont tentés de plonger.
Mais il y a davantage. Car l’amour ne fait pas qu’aveugler; l’amour rend aveugle. Ce sentiment bien humain, spécifiquement humain, est non seulement un piège imprévisible mais c’est aussi un réel danger. Quiconque a fait l’expérience de l’amour peut en témoigner: ce sentiment nous offre une vision adoucie, édulcorée de l’être aimé. C’est le piège. Mais plus encore, l’amour est aussi ce curieux affect qui nous fait voir la vie elle-même autrement ou, pour être plus précis, qui nous fait voir la vie en mieux. L’amour ne nous rend pas aveugle au sens où il nous prive de la vision, mais au sens où la vision qu’il nous offre, cette vision teintée d’amour est faussée. Et il serait même tentant de penser que plus cet amour est sincère et vrai, plus notre vision des choses est mensongère et fausse. L’amour, en somme, paralyse notre faculté à percevoir ce qui est, comme il est, en admettant bien évidemment qu’une telle faculté existe. Mais, plus grave encore, l’amour n’a pas pour seule conséquence de paralyser cette faculté, il l’anéantit. Il devient impossible pour un amoureux éconduit de voir la réalité, dans sa réalité. C’est le danger.
Et lorsqu’il nous est dit que l’amour a des raisons bien à lui, nous ne sommes pas si éloignés de ce danger.

L’amour a des raisons que la raison ignore. Que signifie une telle proposition? D’abord, que l’amour a des raisons. Ensuite, que ces raisons échappent à notre raison. Il s’agirait alors d’expliquer, tout simplement, que l’amour ne s’explique pas. Ou, du moins, qu’il ne s’explique pas par la raison. Serait-ce à dire que l’amour est irraisonné? Et qu’il appartient à ces affects peu raisonnables? Certainement pas. Car ce serait alors penser l’amour comme sensation, voire passion, alors que l’amour est davantage de l’ordre du sentiment. Et ceci d’autant plus que, comme nous le dit le proverbe, l’amour n’est pas sans raisons, qu’il a des raisons d’être, même si nous ne savons pas lesquelles. Le pourquoi de l’amour nous échappe. Faudrait-il alors penser que l’amour est quelque chose d’irrationnel, c’est-à-dire qu’il ne peut être appréhendé par tout rationalisme et qu’il se dérobe ainsi à toute compréhension? Peut-être bien. Mais nous pourrions tout aussi bien suggérer que l’amour peut s’expliquer, se saisir même si ce n’est par la raison. Seulement, si une telle suggestion ne manque pas de cohérence, elle pose tout de même une question: comment comprendre une chose si ce n’est par la raison, au sens d’intelligence ou d’entendement? Peut-être sommes-nous dotés d’une autre faculté intellective dont nous n’avons pas encore pris connaissance. Ou peut-être que c’est précisément cela que nous comprenons de l’amour: le fait qu’il ne puisse être véritablement compris. Et peut-être que c’est même cela l’amour: ce quelque chose d’incompris et d’incompréhensible, qui échappe à l’esprit, mais fait battre le cœur. Cela fait beaucoup de peut-être et peu de certitudes. Mais peut-on sérieusement aspirer à de réelles certitudes lorsqu’il s’agit d’amour? Sûrement pas.

Aussi, nous sommes en droit d’affirmer que tout cela n’est pas bien grave.
Car, que l’amour rende aveugle signifie également que l’amour nous permet de voir des choses que seul ce sentiment permet de voir et ainsi que d’un aveuglement peut naître une vision nouvelle, et peut-être même une lucidité nouvelle.
Et, que l’amour ait des raisons que la raison ignore, cela ne signifie-t-il pas aussi, et surtout, que nous sommes capable de bien plus de raison(s) que notre raison veut bien nous le faire croire?

Aussi, il faudrait conclure ici que, si l’amour est bien une erreur de jugement, c’est la plus jolie des erreurs humaines.


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