insomnies
Posté le 06.04.2008 par orexis

Si tu dois écouler ta haine, tu peux bien m’en éclabousser, je te laisse me la distiller, mais je t’en prie, maman, épargnes-moi en les pensées, et cesses enfin de m’inonder. Compte tes gouttes, aies un air de folie, laisses moi un doute, et simules d‘exagérer. Je veux pouvoir le croire, que tu ne les penses pas, ces choses que tu me cries. Je veux bien concevoir que c’est toujours mieux qu’un non dit. Mais ta franchise est une tuerie, maman, et si tu m’accuses d’hypocrisie, c’est que tu ignores la diplomatie. Toutes les vérités sont bonnes à dire, c’est un avis qui m’est imparti. Mais c’est si difficile de les bien entendre qu’il y a les précautions à prendre. Il faut des détours, parfois. Il faut la configurer, la dite vérité. Alors, oui, dis moi que tu ne m’aimes pas, si c’est bien vrai. Mais ne me le dis pas ainsi, dis le moi en secret. Et puis, il y a les actes, qui valent tout autant que des mots, lorsqu’ils sont précis, ou efficaces. Tous les coups sont permis, lors qu’il n’y pas menace. Je préfère que tu me le montres, ce désamour que tu me portes. Le langage des signes, le langage du corps, je les craints, mais tellement moins. Alors que les mots, maman, les mots me sont si précieux, et tu le sais, que mon cœur ne parle qu’eux. Je t’échange n’importe quelle gifle contre un silence. Je te concèderais même une cicatrice, en gage de souffrance. Mais ne me parles pas. Pas comme ça. Sois sincère dans ta colère, mais autrement. Tu peux m’avouer, ou le hurler, ce que tu ressens. Je comprends. Je comprends que tu puisses cesser de m’estimer. Je comprends que tu ne me supportes pas, que tu ne le veuilles plus, que c’en est trop, et que c‘est un choix. Je comprendrais. Même si, à accepter, je dois y livrer plus d’efforts que je ne puisse en donner, je m’y obligerai, oui, vraiment, et je comprendrai. Mais je suis avare en maux, et j’aime autant ne pas en saigner tant. Alors, fais moi une faveur, eu égard à ma douleur, et change tes mots. Trouves en d’autres, cherches un peu, fouilles en toi, ou en nous deux. Je te prête mon dictionnaire, je veux bien même t’en apprendre quelques-uns. Mais changes tes mots. Il y a un art, le sais-tu? C’est l’art de la manière. La manière de dire les choses. Je te l’enseignerai, si tu le souhaites. Je me renseignerai, t’en ferai un rapport, je ferai ce qu’il faut. Je t’ai promis des efforts, et je ne promets rien pour de faux. Mais changes tes mots. Souvent, je le sais, tu me dis que tu ne le pensais pas. Tu es femme impulsive, et c’est peut-être un bien parfois. Parfois. Je suis sans doute, on ne sait pourquoi, une excessive sensible, et c’est un tort. Mais c’est un tort que je veux me permettre. Alors comprends que je ne le supporte pas, ce jus de haine dont tu m’asperges, ses débris d’idées dans ta voix, et sa grammaire en coup d’éclats. C’est que je ne parviens pas à imaginer que le langage ne puisse être pensé. Et si, à reconsidérer, l’on regrette en bien des cas ce que l’on nomme avoir dit, c’est, d’après ce que j’en pense, ce que l’on a osé pensé qui est cause réelle de nos regrets. La conclusion? Une mise en garde, contre impulsivité. Oui, maman, c’est un danger, et un danger vrai, que de penser sans y penser. Ca fait dire du n’importe quoi. Et il importe, ce n’importe quoi, il m’importe du mal que tu ne soupçonnes même pas. Je ne le pensais pas. Non, maman, vraiment, ton excuse ne tient pas. Elle explique, mais explique seulement. Insuffisant. Alors gardes les, tes mots maladroits. C’est la dégaine, tu vois. Au un, deux, trois, ne te retournes pas. Ranges ton arme, et arranges ton esprit. Apprends à viser, ce qu’est la vraie pensée. Et évites les balles perdues. Autrement je te les rendrai, et aussi fort que tu me tues. C’est la dégaine, au bon débarras. Parce que j’ai mal, j’ai le mal de toi. Et c’en est assez, je veux faire ma loi. Tu persistes, affiches ton état. Tu ne veux pas t’interroger, ou alors tu n’oses pas. Je suis comme je suis, c’est bien ce que tu dis? Alors restes comme tu es, mais restes loin de moi. Que l’on soit fidèle à sa nature, ce n’est pas un problème, maman. Mais lorsque sa nature est pour autrui une torture, permets moi d’affirmer qu’il y a risque, et erreur conjugués. C’est une pensée. C’est ma pensée. Et si elle t’est insupportable, je saurai t’aimer encore, je suis trop sensible pour ne pas être en tort. Mais je t’aimerai à distance. Parce que je suis ce que je pense. Non, ne m’accuses pas d’intolérance. Cela aussi, c’est un mot mal appris. L’intolérance, c’est ne pas respecter la différence, et vouloir l’anéantir, même sous prétexte d’une méfiance. Or, ce que je te propose, ce n’est pas autre chose, que de me tolérer. Et que ce soit de loin, comme de près. La décision doit être tienne. Mais n’oublies pas mon sérieux problème. Je te le répète, pour mieux t’en persuader. Oui, maman, n’oublies pas, n’oublies jamais, combien tes mots agacent ma pensée. Et ajoutes encore, à cette réalité, l’épanchement de ce cœur dont je voudrais tant t‘arroser, si tu ne l’écumais pas sans cesse de mots qui dépassent ta pensée…
Posté le 02.03.2008 par orexis
Je l’ai attendu, le soleil de minuit.
Je l’ai attendu, contre marées et pluie.
Il n’est jamais venu, et je me suis enfuie…
Bien positionnée dans mon carrosse de sortie, j’ai fermé la porte arrière, celle des pensées qui donne envie. Et j’ai fait rouler mon carrosse, sans m’arrêter, sans chemin pris… La radio au repos, dans son habit de logis, j’ai rouvert la boite aux cassettes, la boite secrète des fantaisies. J’ai choisi la face A, pour effacer ce bruit tout bas, le murmure d’un acquis, trop mal appris, trop bien compris. J’ai ouvert une fenêtre, vue sur le monde et ses facettes. Je les ai admirées, quelques secondes, pour m’orienter. Mais je me suis perdue, dans le brouillard de mes bévues. On ne m’avait pas prévenue, qu’à trop y croire, on est déçus. Alors j’ai chantonné, face à face B, pour écouter. J’ai chantonné plus fort, pour ne plus m’entendre penser. Mais comme en désaccord, mes cassettes se sont déraillées. Je me suis faite une raison: c’est mon tourne-disques, il est épuisé. Aussi j’ai improvisé, de quelques rimes bien placées. Et puis j’ai fredonné, mais sans harmonie, et un peu blasée. Blasée de tout ce qui crie, blasée de toute gravité. Je voulais lui donner, rien qu’une mélodie, à ma mélancolie. Mais je ne chante que faux, jamais en dodo, et toujours en si. Alors je me suis tue. Pas tout à fait, mais j’y ai cru. Au fatal, je suis descendue, et j’ai couru à l’incongru. Mais la pente m’a escarpée, et je m’y suis bien étalée. Comme un étalon prend son pied, à petites foulées, j’ai trottiné. Les jambes en l’air, les pieds sur terre, j’ai marché longtemps, et en coupe-vent. Mais en vain et en arrière, comme auparavant. J’ai hué un taxi, pour qu’il me prenne à charge. Le trajet accompli, j’ai voulu gravir les étages. J’ai pris les escaliers, à défaut d’un ascenseur. Parvenue sur le toit, je me suis faite une frayeur: j’ai vu le tout en bas, et je n’ai même pas eu une peur…
Mais le vertige m’a prise d’assaut, et j’ai rejoint le vieux métro. Après quelques correspondances, j’ai stoppé au quai des grandes instances. J’ai vu les rames, et ce fut le drame: je leur ai trouvé d’effroyables charmes…
Mais le métro les a fauchées, et je l’ai repris, juste à l’arrêt. Entourée de gens que je ne connais pas, j’ai pensé à parler, en porte à voix. Mais j’ai saisi le secret des métros parisiens, la pudeur des passagers qui ne confessent jamais rien. J’ai jeté ce secret, arrivée à bon port, comme l’on jette une bouteille d’un grand cru du ch’ti nord. Mais alors que je balançai ma bouteille dans la seine, je songeai à une merveille, comme à l’intoléré; je songeai au sommeil, et à m’y plonger toute mouillée…
Mais je me suis rappelée à l’ordre, me rappelant que je sais nager, et mes idées dans le désordre, à la va vite je m’éloignai. Le danger écarté, j’ai vu un bar, très débranché. J’y suis entrée, timide et renfermée. J’en suis sortie, des verres guindée, et extravertie comme jamais je ne serai. J’ai attaqué l’avenue, celle des Champs Elysées, quelque peu dévêtue, mais en bloc, regonflée. J’ai crié à l’arnaque, avant que d’être interpellée, et la rage à l’estomac, je me suis faite belle pour m’échapper. Au plaisir de la liberté, j’ai traversé sans me méfier, le bonhomme rouge aux passages cloutés, et ma migraine, en fer forgée. L’esprit épars, je me suis éparpillée, le corps hagard, mais en pleine activité. L’inconnu reparti, je me suis endormie, sur le quai d’une gare, à l’infortune d’un lit. Au réveil du réel, j’ai retrouvé un peu d’esprit. Mais c’était toujours le même, aussi me suis-je enfuie. Mais le mal de la tête se refusant à me quitter, je me suis finalement repermise d’y penser… Une réponse cependant venait à me manquer: où trouver, ici et maintenant, de quoi charger mon pistolet?…
Le hasard ainsi formulé, je me résolus à d’autres idées. Et je n’y songeai plus, mais plus jamais. J’avais conclu, ma fin de soirée. J’avais convenu, ce qui me prédestinait.
En route, perdue, ou au vide, suspendue; à un saut de l’irréparable, ou au métro des jolies rames; sur les Champs balisés, ou dans un bar alcoolisé, qu’importent ces chemins, ils ne me démènent qu’en vain. Je ne trouverai nulle autre issue, que celle qui s’impose à mon insu. C’est mon hasard de nécessité: même dans le brouillard, je reste allumée. La mort me refuse, elle m’a déjà condamnée. Condamnée à vivre, et à ne jamais céder.
J’ai voulu attendre, le soleil de minuit.
J’ai voulu me pendre, au-dessus de la vie.
Mais je crois comprendre, maintenant et ici, que même si à défendre, ce n’est pas mon parti, je me dois de le prendre, prendre part à ma vie.
… Et je m’en répartis.
Posté le 02.03.2008 par orexis
Mes larmes ont séché. Quelques rides seules me les rappellent mais je les ignore. Qu’elles restent où elles sont, ces rides, et je resterai où je suis.
Une dispute de plus. Un massacre de plus. Si je devais mourir chaque fois que mon cœur refuse de battre, je serais morte depuis que je suis née…
Et pourtant c’est bien à celui qui me l’a offerte, cette vie, que je dois quelques unes de mes morts. Je lui pardonne alors; je lui ai pardonné avant même qu'il m'en donne une raison. Je dois sûrement être, moi aussi, à pardonner. Mais je ne veux plus l’être. Je ne le peux plus non plus, d‘ailleurs. Ni de cela, ni d’autre chose. Je n’en peux tout simplement plus. Je n’en plus, par exemple, de me sentir coupable, sans pourtant comprendre pourquoi. Je n’en peux plus, aussi, d’être désolée d’exister, sans l’avoir pourtant demandé. Je n’en peux plus, enfin, de me sentir coupable d’exister, sans avoir pourtant été jugée. Je ne peux plus me sentir.
Si j’ai pu apprendre une chose de la philosophie, c’est bien l’art de se remettre en question. Mais si je suis seule à me poser des questions, et qu’il n’y a personne pour me répondre? Je me demande parfois si ce n’est pas par crainte des réponses que j’aime autant à me poser des questions sans réponses. Je me le demande. Mais heureusement, je n’ai pas la réponse.
Je me connais pourtant. J’ai au moins ça. Je suis capable de déterminer si ce que l’on me reproche est justifié. Et j’ai assez de bonne volonté pour, s’il le faut, changer. La bonne volonté. Tout à l’heure, quand je m’enridait de larmes, j’y ai pensé. J’étais justement en train de me remettre en questions. Et puis, j’ai jugé que non. Non, vraiment, ces questions ne méritaient pas de réponses. Parce que je ne suis pas ce que l’on me reproche d’être. Et, si je l’étais, si l’on me prouvait que je le suis, j’aurais assez de bonne volonté pour changer, je crois l’avoir déjà dit. Mais je ne le suis pas. Je me suis mise, remise, permise en questions. Et j’ai trouvé une réponse: je ne le suis pas. Mais, mieux encore, j’ai osé la réponse: je ne suis pas. C’est une réponse qui répond à toutes mes questions. Alors ce doit être une, si ce n’est la, bonne réponse.
Je me suis toujours figurée que, dans le doute, il valait mieux que je me condamne. Moi, qui prêche pourtant à qui veut bien l’entendre qu’il vaut mieux libérer cent coupables plutôt de que condamner un innocent. Mais je suis toujours plus exigeante envers moi-même qu’envers les autres. Les autres, c’est un de mes sujets de dissertation d’ailleurs. La reconnaissance d’autrui comme semblable. Je voulais en découvrir un peu plus sur cette idée que ce que j’avais pu en lire. Mais je n’y parvenais pas. C’est le semblable qui me posait problème. Parce que si je pouvais tout accepter de cet autrui, je ne pouvais rien accepter de moi. La reconnaissance, c’était bon pour les autres. La reconnaissance c’était trop bien pour moi. Sauf que pour qu’il y ait reconnaissance, les autres ne suffisent pas; il faut un moi. C’est ce que j’avais prévu d’écrire dans ma copie. La reconnaissance présuppose un rapport de réciprocité entre le moi et les autres. Pour connaître autrui, il faut d’abord se connaître. Comment, sinon, être capable de re-connaître? Un re-connaître exige, au moins, de connaître. Un re-connaître exige, au moins, deux connaître. Et ce au moins est, dans le domaine de prédilection de la reconnaissance, un minima moralia. Ou encore, une reconnaissance ne saurait se contenter d’une seule forme de connaissance, que ce soit celle d’autrui, ou celle de soi. C’est d’ailleurs ce qui rend cette notion de reconnaissance aussi harmonieuse. Ce qu’elle préconise, c’est aussi ce qu’elle exige: l’unité de connaissances plurielles. Je ne puis me reconnaître dans l’autre que si je me connais d’abord. Et, de la même manière, je ne puis reconnaître à l‘autre que ce j‘ai d‘abord appris de moi. Je les trouvais joliment bien pensées ces phrases. Mais c’est bien là le problème. Ce n‘était que des pensées.
C’est plutôt fort une pensée, dans mon imaginaire. C’est une arme puissante, la plus puissante de toutes. Mais si personne ne porte cette arme, elle perd tout pouvoir. Une puissance indissociable de son acte. J’aime bien cette pensée. Et, pour cause, je l’ai vécue. Je l’ai porté cette arme, je me suis armée de la pensée pour sauver cette pensée. J’ai pensé la pensée. Jolie théorie que celle-ci: une théorie qui ne touche pleinement à son être que par sa raison d’être; une théorie qui n’est que parce qu’elle est pratique.
Seulement voilà, la pensée de la reconnaissance, je ne l’avais pas pleinement pensée, parce que je ne l’avais pas réellement vécue. Je l’avais pensée, mais à vide si vous préférez. Je l’avais impensé, pour tout dire. Pourquoi est-ce que j’en parle au passé? Parce que c’est du passé! J’ai compris tout à l’heure, il y a une éternité il me semble, que j’étais moi aussi un autre. Un autre pas seulement pour les autres, mais un autre pour moi aussi. Je suis moi-même comme un autre parce que je suis moi-même un autre. Spéciale dédicace à Paul Ricœur, dont j’aime particulièrement le nom. Bref, je me suis laissée dire que, si je pensais connaître qui je suis, je ne me connaissais pas pour autant. Parce que je me l’interdisais, tout simplement. Ce que j’accordais aux autres, je m’en privais. Comment alors pouvais-je parler d’un accord entre l’autrui et le moi? La reconnaissance d’autrui comme semblable, ce n’est pas seulement la reconnaissance d’autrui. Simple comme bonjour et pourtant aussi peu pensé. Qui pense les bons jours d‘ailleurs? Je vous le demande. Parce que je me le demande. Je connais l’autre parce que je me connais. De cela, j’en étais capable. Mais ce: je me reconnais parce que je reconnais l’autre, et réciproquement, c’était trop m’en demander. Plus maintenant. Ce que j’offre aux autres, je peux bien me l’offrir à moi-même. A commencer par l’amour. C’est étonnant que je pense ainsi. D’abord, parce que de tous les philosophes que j’ai lus, ou feuilletés, l’amour de l’autre commence avec l’amour de soi, tandis que je me permets exactement le contraire. Mais qu’importe, quel que soit son sens, un ordre reste un ordre. Ensuite, parce que c’est la toute première fois que le pense vraiment. Je veux dire, que je le pense en connaissance non seulement de cause mais aussi (et surtout!) d’effet. Je sais ce que c’est. Je sais ce que ça fait. A considérer que l’on puisse vraiment savoir; mais, ça, c’est un autre débat. Toujours est-il que je ne me permettrai jamais de condamner une personne sans avoir fait l‘effort de la juger. Et je ne me permettrai jamais de juger une personne sans avoir l’effort de la connaître. Alors, je peux bien me le permettre à moi aussi. Ce sera mon minima moralia ou ma loi d’autonomie, n’en déplaise à Kant. J’ai le droit de le penser. J’ai le droit de penser. Parce que, « cogito ergo sum », j’ai le droit d’être. Et, même, je le dois. Pour les autres. Je me demande ce que Descartes aurait jugé de la pensée comme devoir d’être. Heureusement que Nietzsche l’a fait: « Deviens ce que tu es ». C’est à peu près exactement ce que je viens de faire. J’étais, mais je n’étais pas moi. Et tout ça parce que je ne le voulais pas. Mais je l’ai voulu si fort que je le suis devenue. Merci qui? Merci quoi? Merci la bonne volonté, merci le volontariat. Car je pense que cette volonté est bonne. C’est ma première volonté, d’ailleurs. Alors j’espère qu’elle l’est. Et, si non, sans doute ma dernière volonté sera la bonne...
C’est ce que je me suis dit, tout à l’heure, entre deux pleurs. Je me souviendrai longtemps de ce 14 novembre, le jour où je suis devenue ce que je suis. Ce sera un beau trauma que cette séquence émotion, façon tragédie ontologique. Je m’en souviendrai, oui, de tout à l’heure, cette heure incertaine, où j’ai pris conscience que je n’aimais pas pleurer. C’est idiot, cette phrase: je n’aime pas pleurer. C’est pourtant elle qui m’a donnée toute cette matière à penser. Mais c’était un peu brouillon, alors il fallait que je l’écrive. Et, merveille de l’écriture, plus je l’écris, plus je le pense. Et plus je le pense, plus je l’écris. Il faudra peut-être un jour écrire quelque chose sur la reconnaissance de l’écriture comme semblable à la pensée. Oui, ce peut-être. Mais alors, il faudra aussi le penser.
Et voilà, je me suis encore laissée entraîner par le flot de mes pensées. Je me reconnais bien là…
Ce qu’il en sortira de tout ce bla-bla? Une jolie phrase pour ma dissert: la reconnaissance, ce peut être une renaissance.
C’est drôle tout de même. Enfin, ce n’est sûrement drôle que pour moi, mais c’est drôle tout de même. C’est drôle que j’ai mis, à quelques jours près, vingt ans à naître…
Posté le 06.03.2008 par orexis
Posté le 03.03.2008 par orexis
Du rap en sono, une cigarette en main, et un cœur en danger…
Des pages par centaines, un blog en dégaine, un manuscrit qui craint d’être réécrit, et un ennui qui me donne le tourni…
Des petits points qui s’alignent un à un, pour espérer au lendemain…
C’est mon quotidien. C’est elle ma vie, ma vie d’aujourd’hui…
Et tu n’en fais plus partie.
Je te hais, si tu savais… Je te hais, autant que je t’ai aimé.
Et je t’aime aussi. Autant que l’on peut aimer une amie.
Mais c’est fini. Tu n’auras été qu’un passage, tu n’es plus qu’un vide. Tu auras été comme un message, je te renvoie livide. Je t’ai écrit, pourtant. Mais qui se préoccupe de ce que je ressens? L’amitié, j’y ai cru. Un temps. Et tout est déçu, en cet instant. Alors, j’y repense, mais autrement. J’y pense au passé, à notre passé. A cette complicité, à ces rires blasés, et à ces rêves déplumés qui nous liaient. A ces abus, et autres vertus, qu’on gardait en secret. Et à ces mots qui nous envoûtaient. J’ai gardé les mots, mais je ne t’ai plus. Et ça me tue.
Ça me tue de te savoir si heureuse… sans moi.
Ça me tue de ne pas savoir…pourquoi.
Tu as rencontré l’amour. Il me fuie toujours.
Tu as des amies qui t’entourent. Elles m’ont quittée sans un détour.
Tu as tes cours. J’ai le compte à rebours.
Pourquoi? Pourquoi la vie te rend tout ce qu’elle t’a pris?
Et pourquoi? Pourquoi la vie m’oublie?
Ce n’est pas même la jalousie qui m’interroge ainsi. Je te le souhaite, tout ce bonheur qui t’envahit. Je m’en réjouie. Mais je l’envie. Je me retrouvais en toi. On étaient si différentes et si proches à la fois. Tu te souviens, de cette vérité-là? Unies par la souffrance. Et réunies pour l’espérance. J’y pense et y repense. Mais j’y pense en solo, à mon solo. A ce crescendo qui m’égorge, à ces eaux pales qui débordent, et à ces flots de mots qui regorgent. Je garde mes mots, mais tu n’y es plus. Et ça les tue.
Un texto. Pour me dire que je te manque. La rage me prend. Je te manque? Mais sais-tu seulement ce que j’endure? Sais-tu seulement ce que je vis? Que fais-tu de mes blessures? Croies-tu qu’elles me manquent, mes insomnies? Mais sais-tu vraiment qui je suis?…
Il y a un mois tout juste, je mettais mon cœur à nu. Il y a quelques heures, on me l’a rendu, rouillé, battu. Il y a trois jours à peine, je récoltai quelques euros, m’endettai pour la semaine, des chèques en bordereau. Des semaines que j’ai passé, entre le travail et l’université, sans le détail de ma cité. Cette cité qui me prend mon frère, et le présente au commissaire. Un commissaire qui tend des mouchoirs, à cette mère sans plus d'espoirs. Des espoirs qui se suicident, depuis que je suis dame lucide. Et un suicide qui ne me tente plus, depuis que ma survie me tue.
Ce n’est pas un texto qui me sauvera… Je n’ai que les mots pour foi. Elles ne m’ont jamais abandonnée, mes belles paroles, mon langagier. Mais à qui les offrir, ces mots paysagers? A qui les partager? Pas à toi. Sûrement pas. Puisque je suis ici, ici et là. Puisque tu t’es enfuie, enfuie là-bas. Je ne te rejoindrai pas. Je reste où je suis. Je résiste, et je signe. Je vous la laisse, prenez-en soin. Il se peut qu’un jour elle parte au loin. Alors profitez, profitez bien, de cet instant, intant sans fin, vous qui pensez qu’elle vous appartient. Mais elle ne dépend de rien; c’est une vagabonde qui se contient. Aussi soyez méfiants, et reniez-lui son temps. Mais s’il vous prend l’envie, de lui trouver une amie, sachez que je reste où je suis. Je persiste, et je signe. Mesquine, ou assassine. Mais chagrine.
Posté le 06.03.2008 par orexis
Et à sauver de la pensée...
Posté le 05.03.2008 par orexis
J’en ai assez. C’est la saturation. Assez. J’en ai assez… de récrire ma vie. C’est chaque fois la même chose. Le même. Encore. Et saturation à nouveau.
Je déborde, les nerfs lâchent, et j’écris, pauvre que je suis. Et je raisonne, ce qui me passionne. Je suis dans tous mes états. Ce sont des états d’âme. Il ne me manque plus que le bon état. Le bonheur. Ou quelques chose qui y ressemble: du plaisir, de la joie, de l’humour, n’importe quoi. Mais un quoi. Et de l’espoir même, s’il le faut. Un quoique, un bon mot. La vie est triste, quoique… Mais il n’y a pas de quoique. La vie est triste, c’est tout. Tout ou rien. Mais jamais rien du tout. Et le stylo s’épanche, il jette son encre, sur ma feuille blanche. Que je voudrais blanche. Mais qui se noircit, à mesure que je vis. J’ai dans la tête des mots qui résonnent, qui s’entrechoquent et qui s’étonnent. Ils veulent sortir. Je les retiens. Mais ils m’ignorent et vont se poser, se déverser sur mon cahier, pour s’imposer à mes pensées. Comme d’habitude. Le même, encore le même. Saturation toujours.
Mes joues sont rouges, rouges de colère. La honte, je ne la ressens plus. Je l’ai trop sentie, c’en est fini. C’en est assez. Et c’en est trop. Trop triste. La vie, ce n’est pas seulement triste, ça l’est trop. Voilà encore un mot. Un mot qui vient s’ajouter, comme pour me désespérer. Et mon souffle qui s’agite, et mon cœur qui se tourmente, et mon poignet qui s’effrite, et mon esprit qui se lamente. Je fais de jolies rimes. Mais c’est parce que je trime. Je crois que j’ai l’écriture du désespoir. C’est elle qui bombarde mon cahier rouge de textes noirs. C’est joliment trouvé cette image, un peu usée, mais toujours d’effet. La feuille qui se noircit, et face au noir, l’espoir d’un gris, à défaut d’être blanchie. C’est beau, c’est sublime. Mais c’est triste, toutes ces rimes. J’ai froid aux mains. Le froid aussi, c’est une merveille. Le froid, le chaud, et parfois même un grand verre d’eau. Ça forme un joli paysage, et comble le vide de bien des pages. Mais c’est triste, cela aussi. Tout est triste, aujourd’hui. Moi, pour commencer. Ou au commencement, la réalité. Je ne sais plus, je n’ai jamais su. Mais au présent, c’est pire encore: je ne sais même plus quoi penser. Pourtant les mots se chargent, de tourbillons d’idées. S’ils sont heureux, c’est tant mieux. Le tant pis, il est pour moi. Il l’est toujours, tout comme cette fois. Tout comme. Le même, toujours le même. Saturation qui se sature elle-même.
Mise en abîme avec ces rimes! Elles me poursuivent, je veux m’en débarrasser. Je les brise, ou veux les briser. Mais elles se déchaînent, et m’aliènent sans pitié. Pourquoi? Pourquoi ne suis-je pas capable d’écrire ce que je vis? Pourquoi faut-il toujours, que j’écrive en détour. Pourquoi est-ce que cette vie, sans cesse je la récris? Et pourquoi ai-je à ce point besoin de mon stylo, de mon crayon, et de tous ces lourds canons? Les mots, c’est mon fardeau. Je les aime parfois. Ils me donnent matière à penser, à inventer, et à conter. Mais pourquoi sont-ils aussi proches de mes réalités? Elles ne devraient appartenir qu’à moi, en être mes exclusivités. Mais les mots s’y incrustent, et ne me laissent jamais en paix. Ils me dévident, je dois l’avouer. Mais c’est peut-être cela, le problème, au fond, tout au fond de moi. Ils ne connaissent pas le vide, ce vide que je voudrais penser. Ma tête est pleine, et saturée. Saturation. Je te retrouve, la damnation!
Et les rimes qui l’accompagnent, et ces rimes qui me gagnent. Laissez-moi donc finir, ne tentez plus de vous écrire. Je veux me contenter de dire. Sans aucun style, ni jeu, ni lumière, sans être habile, mais juste sincère. Je me veux honnête, même si je dois en être muette. Mais les rimes sont sourdes, elles ne m’écoutent pas. Et elles reviennent, me font chanter. Elles sont pauvres, mais elles s’en moquent. Ce n’est que du toc. Et qu’importe? Elles me viennent tout de même. Tout et même. Les revoilà. Ils ne me manquaient pas. Saturation. Et point d’exclamation.
Et j’ai l’envie de pleurer, et je rature mon rire, pour ne pas y céder. Pourquoi devrais-je rire alors que tout est insensé? Je suis en tragédie, mais je refuse la comédie. Je ne veux qu’une anesthésie. Est-ce trop demander, que cette sorte de paix? Point d’interrogation, mais sans les points de suspension. Je veux en finir, désemplir la saturation. Et me voici en ironie. C’est lui, mon mode favori. C’est celui qui me survit. Ce n’est même plus moi qui écris, ça ne l’est jamais, ce n’est que lui. Ou elle, je ne sais pas. Est-ce que l’ironie est une femme? Non, c’est un féminin. Les hommes sont des malins, ils n’ont féminisé que les mots de gaieté. La vie, néanmoins, ce n’est pas masculin. Est-ce gai pour autant? Ou pourtant? Drôles de questions qui s’articulent. Drôles de formules. C’est la saturation. Elle est pleine de mes contradictions.
Et mon stylo qui refuse de s’arrêter. Il écrit tout seul, est-ce qu’il le sait? Il ne répond pas, sans toutefois rester muet. Car c’est un bavard, mon stylo, mais il bave beaucoup trop. Je me demande parfois s’il les connaît vraiment tous ces mots. Ces mots qu’il me jette, sans trop de précaution, sont-ils seulement des fautes d’inattention? Drôles de questions, m’écrit la répétition. Quelle prétention! Les rimes s’affolent, elles saturent, elles aussi. Elles aussi. Le même se récrit, inlassablement, continuellement, et autres mots en ment. Et le finalement, où se cache-t-il? Pourquoi fait-il le difficile? Je le veux, et maintenant. Mes mots s’y opposent, et se déposent franchement. Ils m’indisposent, insolents. Et leurs rimes qui me pigmentent follement. Je n’ai jamais su transcrire ma vie, ni l’écrire tout simplement. Toutes les fois où je m’y suis essayée, c’est un échec qui m’a sonnée. On efface le flou, et on recondense. Mais il est fou, le flou, et il balance. C’est la digression. C’est elle qui me surcharge, et qui transgresse tous mes barrages. C’est elle encore qui me le fait dire, ce par ailleurs, ce pour quoi je ne sais pas. Je ne sais pas écrire, ou je ne sais plus. Au choix. Je ne sais faire que récrire, retranscrire, et gommer les défauts. Je chasse mon naturel pour qu’il se tienne à carreaux. C’est étrange cette expression, se tenir à carreaux. Qu’est-ce que les carreaux? La digression me revient au galop. Je la calme, le mets au trop. Mais elle me réclame, mes quelques mots de trop. Elle est douée, la digression. Et j’y succombe, sans tentation. Simplement de saturation.
Si seulement je pouvais vivre par procuration! Si tous ces mots pouvaient être mes amants, ils mettraient fin à mes tourments. Ils me combleraient sensiblement, me satureraient de sentiments. Des amants, je n’en ai jamais trop. La saturation, je la leur offre. Peu en redemande, les hommes sont sans étoffe. Ils se contentent du superflu, et ne se mettent jamais à nu. Ou pour le temps, le temps d’un lit. Et ils s’envolent, et ils s’enfuient. Et je suis seule, seule dans ma vie. Seule avec mes mots. Mais mes mots sont de saturation, et peu de compensation. A quelques exceptions, qui me cèdent leur compassion. Comme ce soir. Tiens, ce comme n’est plus le même… Mon comme de comparaison, c‘en est fini. C’est un comme de par exemple, un comme bien plus joli. J’en ôte mes virgules, elles étaient ridicules.
Les rimes persistent, mais je me désiste. Qu’elles viennent s’étaler, je n’en serais pas moins troublée. Car c’est le trouble qui me taquine à présent. Et c’est un trouble grand. Ce soir, le même, ce n’est plus mon histoire. Mon histoire, c’est celle de ce désespoir, qui m’a tenue le premier, mais auquel je me substitue, moi et ma liberté. Et, comble de l’ironie, les mots veulent m’y aider… Jolie saturation que celle-ci!
Ils m’ont vidée, je m’y suis déchaînée, et dans mon rire, plus d’ironie, un souffle seulement de folie. La folie heureuse, cette folie baladeuse, un peu forte et furieuse, qui survient sans prévenir, nous surprend d’un sourire. Je ne sature plus, j’exulte. Mes rimes me proposent une lutte, mais je la permute. Et elles s’exécutent! Les mots, je les cherche, je les trie, je les dépêche. Et ils se taisent! Et j’ai l’impression d’un infini, d’un état d’âme sans agonie. Je crois bien que je vis… Je vis et j’écris. Sans y toucher, juste en pratique, je vis ma vie. Ça se complique. Mais je le sais, à présent, que j’ai les mots pour garants. Et je les propulse sur mon cahier, et je les déguste, revivifiée. Et même si c’est compliqué. Car, oui, ça l’est. Mais même si. Le même si, je l’ai trouvé. Et je ne le quitterai plus, ce sera ma volonté. C’est un même précieux, que ce même si. C’est un même de domination. Alors je me le réserve, en garantie, ou précaution. Je l’écrirai comme je vivrai. Avec un désespoir, mais tout petit, et, même sur le tard, la puissance de son énergie…
Posté le 02.04.2008 par orexis
Jolie demoiselle, toi qui m’arraches à mes rêves, pour les extraire de mon réel, te penserai-je toujours si belle?
Je le voudrais pourtant, tant et tellement. Je te voudrais en reine du ciel, je te voudrais en astre clément. Mais plus j’apprends à te connaître, et plus ma raison s’y arrête. Tu m’apparais autodidacte, qui essouffle mes châteaux de cartes, le joker tenu en mains, d’un poker coupé fin. Tu me dépossèdes de mon moi, tu me diriges vers un émoi, un trop plein de toi qui m’effraie, un trop peu de foi qui se tait. Je te veux bonne, je te crois digne; à tes parades, je plie, m’aligne, mais tu te donnes en mascarade, et m’y balades, bouffonne maligne. Je n’ai pas su te saisir, ou pas en vérité, et je m’y suis éprise, comme égarée, en faute d’aveu, ou de lucidité. J’ai eu le temps de bien songer, j’ai eu la force d’une volonté, et puis l’envie d’y persister, la stylistique pour m’en convaincre, à défaut de m’en persuader. J’ai eu mes torts, ma traversée, quittant le port, vague échappée. Le doux passé! Qui se remémore, à peine quitté. Longtemps durant, je me suis figurée, que toutes mes broutilles n’étaient qu’une infortune, qu’un hasard suffirait, pour que rayonne ma pleine lune, qu’une blessure n’était rien, sinon un contre temps, que mes fleuries contrariétés périraient finalement. Et puis j’imaginai, que chaque chose n’est pas vaine, qu’il y a bien une cause, à quelque phénomène, et mes soucis d’alors, me semblaient d’ironie, je croyais au bon sort, qui fait le end happy. Je m’amusais à le penser, qu’il y avait une malice, qui par des chemins détournés, concédait à rendre justice. Je me représentais la route, parsemée de ses embûches, ou encore ce fleuve à compte gouttes, empli des bonshommes qui trébuchent. Je ne pensais pas sérieusement, mais sans pourtant le simuler, je me gardais le doute possible, bien plus qu’une probabilité. Le scepticisme -on ne se sait jamais- m’offrait l’espoir d’y bien rêver. Aux incertitudes pertinentes, je te cédais en femme confiante. Puisque l’on ne détient nul savoir, alors autant savoir y croire. C’est ce que je me répétais, dans l’idée d’un savoir plus gai. Il y avait si peu d’ombrages, au tableau de ton paysage, je n’en voyais pas les noirceurs, je n’y peignais que des couleurs. Mais ton ouvrage n’est que mirage, et tu grisailles mes souffre douleurs, ces petites joies qui pansent mon cœur, lorsque s’évadent ses droits d’auteur. Je t’en veux, le sais-tu, de m’avoir si mal foutue. Toutes les fois où j’y pense, que je ne suis pas à la hauteur, que je ne suis pas assez bien faite, pour te supporter sans douleur, que nous sommes comme incompatibles, qu’il y a erreur sur la personne, que ce serait presque risible, si je n’étais qu’une mauvaise donne; mais c’est bien plus, oui bien plus cruel, parce que j’en ignore jusqu’aux règles, de cette partie qui se joue entre nous, et dont tu m’éjectes meurtrie, à chacun de tes coups. Je n’ai plus qu’un souhait à présent: pouvoir reprendre la maîtrise, si tenté qu’un jour je l’ai prise, pour te tourner en ridicule, donner le change à tes émules, et te soumettre à toutes mes guises, et te dominer en conquise. Mais comment le pourrais-je, moi qui ne suis qu’un être, un peu humain peut-être, et dont la seule nécessité t’appartient tout en entier? Comment, par quel moyen, saurais-je y mettre fin, puisque ta finitude, ce n’est qu’une part de ton tout, et la belle inquiétude, ce qui te tient debout? Qui détient le secret, mais seulement qui te sait? Qui donc a découvert, ta profonde vérité? Qui sait comment l’on fait, pour te cohabiter? Qui saurait me le dire, qui saurait me montrer? Je les entends frémir, mes paires de société. Je crois bien qu’ils t’admirent, t’ont même sacralisée. Je le pense en effet, que tu es chose précieuse, mais c’est insuffisant, ça ne me rend pas heureuse. J’ai le souci de mon bien-être, est-ce malhonnête? Je veux pouvoir me contenter, je te vois vide, veux te combler, mais je méconnais tes besoins, et je m’y trompe, plus mieux que bien. Oh, c’est bien égoïste, je le confirme, mais ce que c’est réaliste, l'envie qui prééxiste! Il me semblerait même que c’est chose naturelle, d’une nature si belle, que l’immonde émerveille… Et tu n‘auras pas à me contredire, n’est-ce pas? Parce que tu la connais, cette douce nature, parce que tu n’en es qu’un éclat. Un éclat parmi tant d’autres, une étoile qui file en faute; dans son éther, tu n’es plus rien, saches-le vraiment, fais ce fait tien: de la nature, jolie demoiselle, tu n’es rien, rien qu’une parcelle d’un tout terrain, rien qu’une ficelle qui se retient. Du tout, oui, tu es un rien. Rien qu’une étoile, trop souvent obscurcie, si, par son infinie galaxie, et qui tente de briller, plus fort que son ciel ne permet. Tu es un petit astre, qui rapproche du lointain, éclairé des espoirs, ces voeux de tes terriens; un astre qui veut ressusciter, lorsque se meure sa toute beauté. Mais tu as une divinité, astre sacré. Et s’il est vrai que tu sais te permuter, et en désastre qui plus est, ce n’est que par sa volonté. Tu n’es pas dieu, tu n’es pas elle. Tu n’es qu’une sainte, la demoiselle, qui fait prier, vue du réel.
Oserais-je encore t’appeler mienne? Ah, la vie, ce que j’aimerais pourtant te nommer ainsi! Ma…demoiselle, ma vie.
Posté le 07.03.2008 par orexis
Cardiopsie...
Sans psy... mais avec un si...
Posté le 03.03.2008 par orexis
Elle est venue sans se crier, sans me prévenir, ni m’alerter. En silence et sans effroi, elle est venue de son absence, et de toute la violence d’un coup d’état. La rupture. Elle est venue, et elle est là.
Ce que je fais dans pareil cas? Je prends mon cahier, et j’écris de haut en bas. C’est ce que j’ai fait, un peu par nécessité. J’avais envie de me parler. L’envie de me dire, comme par exemple, que je ne suis pas en faute. Même si c’est une erreur, même si ce n’est pas vrai. C’est une parole qui réconforte, qui baume des plaies. L’envie de me dire, comme par hasard, que ce n’est pas moi qui défaille, mais notre histoire qui déraille. Même si c’est une nuance qui se joue des apparences. L’envie de me dire, comme pour le penser, que je vaux quelque chose. Même si je ne sais pas quoi. Que je suis drôle, que je me fais des blagues. Même si elles ne font rire que moi. Que je suis jolie, que c’est mon miroir qui me l’a dit. Même si c’est un menteur, et qu’il n’a pas de cœur. Que je suis honnête et innocente. Même si je n’en suis que plus insolente. Et que je suis intelligente, aussi, même sans esprit. Il fallait que je me le dise, oui, que je m’aime, que je peux être aimée, et même si ce n’est que par moi. Il fallait que je me parle. Il fallait que je me dise, un peu encore, que je ne suis pas personne, que je suis un quelqu‘un, un petit être, comme un humain. Que l’on se ressemble beaucoup, moi et moi-même. Que l’on se ressemble et que l’on s’aime. Il fallait que je me l’avoue aussi, que j’en ai des faiblesses, des défauts, et qu’ils me blessent, parfois même trop. Et même si ça ne tue pas de ne pas être assez fort. Il fallait que je me les répète, pour m’en convaincre, toutes ces vérités qui me concernent. Et ne concernent que moi. J’avais besoin de me le dire, ce pourquoi, je suis comme je suis. Même si je ne suis pas. Il fallait que je m’en console, de mes faux pas. Même s’ils ne mènent qu’à moi. Et j’avais envie de le taire, ce cœur qui bat. Parce qu’il souffre de ne battre que pour moi. J’avais même envie de vous les ouvrir, vos cœurs, pour qu’ils me voient. Même si ça ne se fait pas. J’avais besoin de vous le crier, que j’existe, que je suis là. Et même si ça n’importe pas. J’avais besoin de vous le dire, à vous qui n’êtes pas seuls, que je le suis, moi. J’avais besoin de vous écrire, à vous qui n’existez pas. Oui, il fallait que je me le dise, ce tout cela. Que je ne sais pas mentir, même si personne ne me croit. Que je ne sais plus frémir, et même si je meurs de froid. Que je ne veux plus transpirer, puisque le chaud me méconnaît. Il fallait que vous le sachiez. Que je ne suis même plus un corps. Que je ne suis qu’une enveloppe. Un peu timbrée quelques fois. Mais une enveloppe prête à poster qui jamais plus ne s’affranchira. Je cherche mon destinataire, je le cherche comme une proie. Mais je ne suis pas expéditrice, je ne suis rien, rien d’autre que moi. J’ai des brouillons d’adresses empilés çà et là; mais je n’ose plus, mais je n’ose pas. J’ai peur que l’on me rejette, que l’on me déchire, que l’on me renvoie. Et même si je le suis déjà. Je crains de me perdre, bien cachetée mais sans foi. Je me craignais même, autrefois. Mais je me suis parlée, et de vive voix. Je ne me crains plus, à présent. Mais je suis seule, à tout instant. Seule avec moi-même, et je me supporte, comme je m’aime. Même malgré moi. Même s’il n’y a plus de toi. Et même s’il n’y en a jamais eu. Je le voulais, pourtant. J’en voulais un, tout simplement. Un toi qui m’aimerait, un peu comme l’on s’aime soi. Un toi que je voudrais, et même plus que moi. Ce toi, je n’y ai pas droit. Et je me contiens, et je me vide, et je ne sais plus jouer la timide. Je m’offre tout en entier, je m’offre à consommer. Sans modération, désespérée d’illusions. Je doute de tout, je refuse de croire. Je n’en ai plus envie. J’ai trop appris. Que l’on est toujours seul dans sa vie. Qu’il n’y a jamais personne pour vous prendre en saisie. Que tous ce petits bonheurs, ce n’est qu’un paradis. Que j’écrirai longtemps ainsi, à défaut de parler, à défaut d’un ami. Qu’il n’y a que mes cahiers qui puissent me supporter. Qu’ils supporteront toutes mes ratures, qu’ils sauront vivre de mes bavures, et j’y dépose mes folles blessures. Et même s’ils ne me répondent pas. Et j’ai envie de l’étouffer, ce souffle qui m’anime encore, ce dur espoir qui me fait tort.
L’espoir qu’un jour, peut-être, je pourrai t’écrire, ces si jolies choses qu’à toi seul je voudrais dire.
L’espoir qu’au lendemain, je pourrai t’enflammer, de ces infinies déclarations, que tu rendrais insensées, pour me dérouter de frissons.
L’espoir qu’un beau matin, ma plume s’envole loin, bien loin, trop loin pour occuper mes mains.
L’espoir échaudé, qu’un doux soir d’été, je jetterai mes cahiers pour me jeter dans tes bras.
L’espoir ainsi, qu’attendrie par la nuit, je pourrai les brûler, ces papiers d’identité, pour t’effeuiller de mon émoi.
Et même si cet espoir, il ne brûle que moi…